15ème Forum Science et Société Acfas : affluence record

Chaque année, des étudiants de Cégep (établissement d’enseignement collégial public où sont offertes des formations techniques et préuniversitaires) des quatre coins du Québec convergent vers un établissement de Montréal ou de Québec. Cette fin de semaine du 24 octobre, 262 étudiants (participation record !) se sont ainsi retrouvés au Collège Montmorency (Laval) pour le 15ème Forum international science et société de l’Acfas. Pour l’occasion, six chercheurs français avaient fait le déplacement.

Le Forum international réunit étudiants et chercheurs français et québécois pour une fin de semaine de débats et de discussions autour des grands enjeux scientifique de notre société. Objectifs ? Affûter l’esprit critique des participants, aiguiser leur raisonnement scientifique pour mieux penser les enjeux de société mais aussi… démystifier le métier de chercheur. Le modèle, importé par Edgar Morin et Pierre-Henri Gouyon il y a une quinzaine d’années, s’inspire des rencontres « Science et citoyens » organisées depuis 26 ans par le CNRS au Futuroscope de Poitiers. 500 jeunes et une centaine de scientifiques s’y retrouvent pour débattre des enjeux scientifiques et du rôle de la science dans la société.

JPEG Six ateliers thématiques, chacun répétés deux fois, permettent aux jeunes d’approfondir une question de science et société en compagnie de trois chercheurs : agriculture, médecine et technologie, évolution, énergie, science et guerre, rêves, les deux heures et demie prévues par atelier sont trop courtes pour répondre à toutes les interrogations. Peu importe, les conversations se poursuivent pendant les pauses ou les soirées pendant lesquelles les scientifiques se mélangent aux étudiants pour le plus grand plaisir des uns et des autres. Bar des sciences et défi « génie » permettent de briser la glace et offrent des moments privilégiés aux étudiants avec les chercheurs « C’est vraiment une chance de pouvoir participer à ce Forum, les chercheurs sont vraiment très accessibles ! », confie un collégien de Jonquière.

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L’expérience est tout aussi enrichissante pour les chercheurs, dont le Forum a été l’occasion, pour le Pr Jean-Marc Grognet du CEA, « de croiser des jeunes étudiants très motivés et passionnants ». Les scientifiques participants ont en effet unanimement salué la spontanéité des étudiants, la pertinence de leurs questions et la richesse des débats. Pour preuve, animateurs et chercheurs s’accordent pour témoigner de la diversité des questions et des voies très différentes prises par chacune des deux discussions sur la même thématique. Les intervenants de l’atelier agriculture s’étonnaient, après le premier atelier, de n’avoir eu aucune question sur les OGM. Première question du second débat ? « Quelle est votre position concernant les OGM ? ».

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Le bar des sciences et la séance de clôture sont également des moments pour aborder les questions de place de la science dans la société, de censure des scientifiques ou encore de climato scepticisme. « Les chercheurs sont humains, c’est leur force et leur faiblesse. Il est facile de céder à la tentation de financements importants même si pour cela on doit orienter ses recherches dans le sens voulu par ceux qui vous donnent de l’argent. C’est à chacun de faire ses propres choix  », prévient Pierre-Henri Gouyon, co-président du Forum, qui clôturera ces trois jours en reprenant les mots d’un ancien président « Vive le Québec et vive la science libre ! ».

publié le 28/10/2014

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