17ème Rencontre alternée entre des Premiers ministres français et québécois.

Allocution de Monsieur Jean-Marc Ayrault lors du dîner officiel offert par Madame Pauline Marois.

JPEGMadame la Première ministre,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le délégué général,
Monsieur le consul général,
Mesdames et Messieurs,

Depuis la visite de René Lévesque à Paris, en 1977, les sessions de nos rencontres alternées sont l’occasion d’entretenir la flamme de cette relation unique qui lie la France au Québec. Leur 17e édition a été, je le crois, à la hauteur de notre amitié.

Avec aucun autre de ses partenaires, la France n’est parvenue à créer une intimité aussi forte qu’avec le Québec. Au-delà de notre histoire commune et de la langue et de la culture que nous avons en partage, ce sont des valeurs, une conception de la place de l’homme dans la société, une vision du monde, dans toute sa diversité, qui nous font tendre inexorablement l’un vers l’autre.

Et il est facile, aujourd’hui encore, d’illustrer cette communauté de vue :

- c’est ainsi que face à la crise économique et financière qui affecte durement nos peuples, nous défendons les mêmes objectifs : rétablir l’équilibre de nos comptes publics, restaurer la compétitivité de nos entreprises et moderniser l’action de l’Etat. Mais, dans le respect de ce qui fait la force de nos modèles respectifs, l’exigence de justice sociale et de solidarité ;

- sur les questions de société auxquelles nous sommes confrontés, nous apportons, chacun à notre rythme, mais en nous inspirant l’un de l’autre, des réponses aux défis communs que sont l’égalité des droits pour tous nos concitoyens - et d’abord l’égalité entre les femmes et les hommes -, le vieillissement de nos populations, la place de l’économie sociale et solidaire ou encore la transition écologique, qui engage notre avenir à tous ;

- en matière culturelle, le danger de l’uniformité stimule notre volonté d’inscrire la francophonie dans une nouvelle dynamique et notre détermination à promouvoir la diversité des expressions culturelles, notamment par le livre et le numérique.

Cette intimité est une puissante incitation à l’action. Et ce que je vous propose, ce soir, c’est d’imprimer un nouvel élan à cette relation directe et privilégiée qui constitue un capital commun à la France et au Québec.

Depuis dix ans, la France se place, chaque année, au 4e ou au 5e rang des partenaires commerciaux du Québec. Des pistes ont été identifiées pour renforcer notre coopération économique, dans les domaines de l’innovation, du développement nordique, de l’économie verte ou de la promotion de l’entreprenariat. A nous d’en tirer tout le parti, grâce à la mobilisation de l’ensemble des acteurs, à commencer par nos entreprises, y compris les plus petites.

Les relations humaines qui nous unissent sont un atout inestimable, qui doit pleinement bénéficier aux jeunes générations. L’attrait qu’exerce le Québec sur les jeunes professionnels français n’a rien à voir, à nos yeux, avec une quelconque fuite des cerveaux. De même, il serait simpliste et erroné de considérer que les étudiants français qui ont fait le choix de vos universités sont une charge pour le Québec.

Voyons au contraire, dans cette mobilité, la promesse d’un partenariat plus dynamique encore. Encourageons ce mouvement, en renforçant la reconnaissance mutuelle des qualifications et des diplômes et en offrant de nouvelles opportunités aux étudiants et aux chercheurs.

C’est ainsi que nous conforterons les bases d’un brillant avenir pour l’amitié entre la France et le Québec, dans le respect mutuel, qui nous préserve de toute ingérence, et avec la volonté de faire de grandes choses ensemble, qui rend impossible toute marque d’indifférence.

Je lève mon verre au Québec, à la France et à l’amitié franco-québécoise !

publié le 17/03/2013

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