La Conférence ministérielle de la Francophonie qui s’est tenue à Paris les 15 et 16 décembre a confirmé le rôle politique de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Le Ministre des affaires étrangères et européennes et le Secrétaire d’État à la coopération et à la Francophonie ont salué le bon suivi des engagements politiques du Sommet de Québec de 2008 et ont appelé les 70 États et gouvernements participants à renforcer cet engagement capital pour l’avenir du multilatéralisme.
La conférence a chaleureusement accueilli M. Jean-Pierre Raffarin, Représentant personnel du Président de la République, pour sa première participation.
1/ La Conférence a pris des décisions relatives à la situation politique dans certains États membres :
en levant la suspension de la Mauritanie, rentrée dans un cadre constitutionnel sous ses autorités élues,
en maintenant celles de la Guinée et de Madagascar en tenant compte de leurs évolutions respectives, celle de la Guinée appelant une suspension confirmée et resserrée, tandis que le processus de Maputo encadre à Madagascar une transition sous des autorités et des conditions définies et reconnues par la communauté internationale,
en décidant par consensus d’exiger le retour à un ordre constitutionnel consensuel et à une vie politique apaisée au Niger, en soutenant l’action du médiateur de la CEDEAO et le dialogue politique inclusif qui s’engage. La France, qui participe étroitement à l’action internationale envers ces pays notamment dans le cadre des Groupes internationaux de contact (GIC) dont elle est membre comme l’OIF, appelle tous les acteurs participant à s’investir pleinement dans les processus en cours de normalisation des situations politiques.
2/ Elle a adopté une résolution, à l’initiative du Canada et de la France, sur la participation des Etats francophones aux Opérations de maintien de la Paix des Nations unies. La contribution des pays francophones aux OMP est aujourd’hui insuffisante (56% des effectifs sont déployés sur des théâtres francophones ; 16% seulement de ces effectifs sont francophones), ce qui pose des problèmes d’efficacité voire de sécurité. La résolution appelle l’OIF et les Etats membres à renforcer et structurer leurs actions afin d’accroître la participation francophone.
3/ Elle a décidé par consensus que le prochain sommet de la Francophonie se tiendrait à Montreux (Suisse), du 22 au 24 octobre 2010, compte tenu de l’impossibilité de le tenir à Madagascar comme prévu. La France a adressé ses compliments à la délégation suisse et compte voir la réforme e la formule des Sommets, déjà lancée avec succès à Québec, se poursuivre à Montreux.
4/ Elle a décidé d’attribuer à la ville de Nice la responsabilité d’organiser et d’accueillir les 13ème jeux de la Francophonie en 2013. La France se félicite du succès de la candidature de Nice et s’engage à conférer à cet événement un rayonnement populaire.
5/ La France salue la contribution éminente que le Président Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF, a apportée au bon déroulement et aux excellents résultats de cette conférence ministérielle.
Lire l’allocution de Bernard Kouchner (15 décembre 2009)
"La Francophonie joue désormais un rôle de vigie politique ; vous l’avez prouvé à travers les décisions de votre Conseil permanent. Vous avez levé la suspension de la Mauritanie. Vous avez maintenu les suspensions de la Guinée et de Madagascar. Vous avez appelé au retour de l’ordre constitutionnel et d’une vie politique apaisée au Niger."
Lire l’allocution d’Alain Joyandet (15 décembre 2009)
"Mesdames et Messieurs, après avoir plaidé pour une Francophonie en mouvement, en France et sur les cinq continents, notamment dans le cadre de l’Union européenne où nous avons créé les conditions d’une relance, je vous appelle donc à passer, aujourd’hui et demain, à la Francophonie à grande vitesse ! Nous donnerons ainsi un avant-goût des activités qui marqueront l’année prochaine et confirmerons notre dynamisme, en route vers le Sommet de 2010."
