CFQCU, 5 ans de coopération franco-québécoise

A l’occasion des 5 ans de l’Entente relative au Conseil franco-québécois de coopération universitaire, entretiens croisés avec ses deux coprésidents, Jocelyne Faucher, Secrétaire générale et vice-rectrice aux relations internationales de l’Université de Sherbrooke et Jean Peeters, Président de l’Université de Bretagne-Sud

JPEGQuelles ont été les principales missions accomplies par le CFQCU ?

En juillet prochain 2013, l’Entente relative au Conseil franco-québécois de coopération universitaire célèbrera son cinquième anniversaire. Cette cinquième année est celle où le CFQCU prend la pleine mesure des différents volets de sa mission.

Le programme de développement de partenariats stratégiques en matière d’enseignement et de recherche est sans nul doute, jusqu’à aujourd’hui, le programme le plus connu du CFQCU. À chaque année, entre dix et douze équipes franco-québécoises sont soutenues par ce programme pour une période de deux ans.
Au cours des deux dernières années, le CFQCU a, entre autres, apporté, à la lumière de l’expérience, des améliorations continues appropriées au programme de développement de partenariats stratégiques en matière d’enseignement et de recherche, notamment en matière de rétroaction auprès des chercheurs et une mise à jour des critères d’évaluation scientifique.

Le CFQCU détient aussi une mission de conseil. Elle consiste à dresser un portrait de l’ensemble des programmes de financement visant à « promouvoir et soutenir la coopération universitaire franco-québécoise en matière d’enseignement et de recherche ». De fait, il s’agit là précisément de la mission consentie à l’organisme lors de la signature de l’Entente relative au Conseil franco-québécois de coopération universitaire.

Ainsi, depuis mars 2012, le recensement de ces programmes, de leurs objectifs et de leurs caractéristiques fut une étape incontournable qui a permis de dégager différents constats et de présenter des recommandations à la Commission permanente de coopération franco-québécoise dans le but de poursuivre l’enrichissement de la coopération universitaire France-Québec. Ce travail nous a permis de définir la Règle des 4 P, qui caractérise l’ensemble des programmes dont les éléments se font écho :

  • Panoplie (diversité de programmes conjuguant le volet mobilité à la recherche et à la formation, programmes finançant à la fois des projets d’envergure et d’autres plus ponctuels, autant les nouvelles équipes que celles déjà implantées, tous secteurs disciplinaires confondus, domaines ciblés, etc.)
  • Pertinence (impacts réels des projets aux retombées concrètes se traduisant en financement additionnel et réseau élargi, formation de personnel qualifié, production scientifique, diplomation d’étudiants, etc.)
  • Potentialité (nombre important de programmes favorisant la formation, la recherche et la mobilité tout à la fois, potentiel élevé d’utilisateurs, chercheurs financés et légitimés par d’autres sources)
  • Pérennité (la pérennité des projets s’exprime au travers des programmes et elle peut donner lieu à des projets de nature plus englobante et structurante).

Quelles sont les principaux défis de la collaboration franco-québécoise ?

La coopération universitaire est fondamentale dans la relation France-Québec, dont l’acte de naissance est l’Entente entre le Québec et la France sur un programme d’échanges et de
coopération dans le domaine de l’éducation (1965).

En 2008 naît l’Entente relative au Conseil franco-québécois de coopération universitaire (CFQCU) entre les deux gouvernements.

En 2013, cette coopération universitaire s’inscrit dans la réalité d’une économie du savoir devenue mondialisée en recherche et en formation, de nouveaux enjeux et défis incitent à actualiser le rôle et les responsabilités du tandem France-Québec dans le domaine de l’enseignement supérieur au sein des pays francophones et d’y saisir de nouvelles opportunités.

A l’avenir, les défis de la collaboration franco-québécoise seront de mieux :

  • faire connaître les programmes de coopération France-Québec dans leur teneur et leur fonctionnalité, en favorisant une diffusion soutenue, large et conséquente de ceux-ci ;
  • mettre en relief la complémentarité des programmes afin d’en optimiser les leviers de financement ;
  • accentuer la visibilité et l’impact des projets financés ayant des retombées scientifiques concrètes sur le développement de la recherche et de la formation.

Dans ce cadre de plus en plus sans frontières, au-delà de la consolidation du programme de développement de partenariats stratégiques, les perspectives de la coopération franco-québécoise auxquelles pourrait contribuer le CFQCU permettraient d’esquisser une stratégie pour le rayonnement au sein de la francophonie du savoir-faire franco-québécois en formation délocalisée et en formation à distance grâce à l’appropriation des technologies de l’information au service de l’ingénierie pédagogique.

La mobilité étudiante est importante pour le CFQCU. Pouvez-vous nous dire pourquoi et quelles sont les actions entreprises dans ce domaine pour l’améliorer ?

La mobilité académique est une dimension importante de l’internationalisation de l’université et de l’internationalisation des curriculums. De plus, les étudiants en cotutelle de thèse de doctorat sont un des indicateurs de l’intensité de la collaboration scientifique entre équipes de chercheurs.

L’effectif total annuel des cotutelles de thèse dans les établissements français et québécois est en hausse. « À la lumière de ces chiffres, la cotutelle de thèse reste une formation attrayante pour les étudiants qui y voient une opportunité unique d’évoluer dans deux univers scientifiques. À l’heure de la mondialisation des savoirs, ce type de doctorat offre une réponse aux défis actuels de la recherche et au besoin de mobilité, constituant un partenariat unique entre la France et le Québec. » (1)

En conséquence, le programme de développement de partenariats stratégiques en matière d’enseignement et de recherche du CFQCU encourage la participation d’étudiants à tous les cycles d’études, entre autres en autorisant parmi les dépenses admissibles des compléments de bourses pour soutenir la mobilité des étudiants.

(1) Association pour la formation doctorale en cotutelle France – Québec — Un partenariat scientifique entre la France et le Québec : les cotutelles de thèse. Septembre 2011

JPEGVous venez de rejoindre le CFQCU comme coprésident français. Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la coopération franco-québécoise ?

J’ai été, de 2005 à 2010, vice-président de l’Université de Bretagne-Sud en charge des relations internationales. À cette occasion, je me suis rendu compte que la francophonie, d’une part, et les relations franco-québécoises, d’autre part, étaient un enjeu pour la France. Aujourd’hui président de cet établissement, et vice-président de la commission des relations internationales à la Conférence des Présidents d’Université (CPU), j’ai souhaité m’investir. J’ajouterai une affection particulière pour cette province et le Canada en général.

Selon vous, le CFQCU doit-il s’intéresser aux collaborations avec les entreprises ?

Le CFQCU est « une structure de dialogue permanent dans le secteur de l’enseignement supérieur ». Il s’agit de coopération universitaire au sens large. Il existe déjà des structures s’intéressant aux collaborations avec les entreprises comme le « Groupe franco-québécois de coopération économique » (GFQCE). Il n’en reste pas moins que les établissements d’enseignement supérieurs québécois et français ont de nombreux partenariats avec le secteur privé et que le projet de loi sur l’enseignement supérieur en France inscrit explicitement, parmi les missions, la valorisation, le transfert des résultats obtenus vers les secteurs socio‐économiques et l’innovation. Cela ne peut être sans effet sur la réflexion au sein du CFQCU.

Quels sont les défis à relever pour valoriser la coopération franco-québécoise dans le contexte de la mondialisation ? Le numérique, notamment le e-learning, doit-il être une voie à privilégier ?

Le numérique est l’un des enjeux majeurs de la coopération franco-québécoise ! Si Québécois et Français, nous voulons continuer à exister culturellement et économiquement dans l’espace francophone et au-delà, alors nous devons saisir l’opportunité du numérique pour mettre en place séminaires, conférences, ateliers à distance et aussi produire des ressources que nous pourrions partager et rendre accessibles à un plus grand nombre. Par ailleurs, de nouveaux modes d’appropriation des connaissances se mettent en place (utilisateurs nomades, éloignés, partiellement disponibles, créant leur propre menu, en visioconférence, par téléchargement, sur ordinateurs, mais aussi sur tablettes, Smartphones, etc.). On assiste à une révolution culturelle et économique par le numérique. Nous devons y participer, Québécois et Français, ensemble. Le numérique réduit les distances et accélère les échanges. C’est une chance si nous savons la saisir et un danger si nous laissons d’autres occuper le terrain.

CFQCU

publié le 28/06/2013

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