Cérémonie de remise des insignes de Chevalier des Arts et des Lettres à Mme Esther Trépanier (18 janvier 2012)

Nous honorons aujourd’hui une femme de vision et de caractère dont le nom est indissociable de l’histoire de l’art et des musées au Québec.

Chère Esther Trépanier,

Jean Dubuffet disait « L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle ». Et pourtant vous les avez traquées, analysées, mises en valeur ces œuvres d’art que Pierre Bonnard qualifiait d’arrêt du temps.

Détentrice d’un doctorat en Histoire de l’Art de l’Université Paris I, d‘une maîtrise en études des arts de l’Université du Québec à Montréal et d’une autre en philosophie de l’Université de Paris VIII, vous êtes, depuis 1981, professeure au département d’histoire de l’art de l’Université du Québec à Montréal. Auteure de plusieurs articles, catalogues d’expositions et ouvrages dont Peinture et modernité au Québec 1919-1939 (1998), récompensé par le prix Raymond Klibansky 1999-2000 de la Fédération canadienne des sciences humaines et sociales.

Vous participez à l’organisation d’expositions et à la rédaction de catalogues pour plusieurs institutions muséales, centres d’exposition ou galeries d’art, et votre carrière de chercheure et de professeure a été ponctuée de multiples interventions à des colloques et congrès scientifiques.

Vos qualités vous qualifient pour prendre la direction du Premier Cycle d’Histoire de l’Art à l’Université du Québec à Montréal de 1992 à 1997 puis assumer la direction générale de l’École supérieure de mode de Montréal de 2000 à 2007.

En septembre 2008, vous êtes nommée directrice du Musée national des beaux-arts du Québec, avec lequel vous aviez déjà collaboré que ce soit à titre de commissaire d’expositions (Univers urbain. La représentation de la ville dans l’art québécois du XXe siècle [1998], Marian Dale Scott, 1906-1933 : pionnière de l’art moderne [2000], Peintres juifs de Montréal. Témoins de leur époque, 1930-1948 [2008], de co-rédactrice de publications (catalogues des expositions Adrien Hébert, [1993] et Le paysage au Québec 1910-1930 / Le Groupe des Sept [1997]), pour ne donner que ces exemples.

Durant votre mandat, vous avez multiplié les partenariats avec les musées français, que vous connaissez particulièrement bien, comme le musée Ingres de Montauban, à l’occasion de l’exposition « Ingres et les modernes » en 2009, le MacVal en 2009 également, ou le musée Jacquemart André pour l’exposition « du Gréco à Dali » en 2010 et plus récemment pour « les frères Caillebotte » en 2011.

Récipiendaire de plusieurs bourses dont celles du Conseil des arts du Canada en 1998 et du prix d’excellence de l’association des musées canadiens en 1988, vous avez toujours manifesté beaucoup d’enthousiasme devant les défis que vous aimez relever.

Vous êtes aujourd’hui retournée à l’enseignement qui vous est cher en tant que professeure au département de l’Histoire de l’Art de l’Université de Québec à Montréal.

Pour toutes vos qualités et votre contribution pour enrichir la relation franco-québécoise, au nom du ministre de la Culture, je vous fais Chevalier dans l’Ordre des Arts et Lettres.

Hélène Le Gal, Consule générale de France à Québec

publié le 20/02/2012

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