
Antitube propose quatre films forts, accompagnés de courts-métrages qui abordent le thème du déplacement et de l’errance, en l’inclinant davantage du côté géo-politique (Ameur-Zaïmeche, Dumont) ou en le maintenant dans le confinement, dans le noyau intime (Bourdieu, Honoré, Nagler)
Le 19 janvier, Dans Paris de Christophe Honoré. Tournant dans la cinématographie du cinéaste, ce film se rêve crâneur, mais montre surtout avec pudeur les blessures d’un homme jeune qui claque la porte, met fin à sa vie de couple en province et retourne vivre chez son père, à Paris. Le frère qui vit avec le paternel veillera à ce que l’aîné ne sombre pas. Un film traversé de fulgurances poétiques, souvent drôle, sous influence du cinéma des années 1960, de François Truffaut et de Jean-Luc Godard.
Avec Romain Duris, Louis Garrel et Guy Marchand.
Le 20 janvier, Les amitiés maléfiques de Emmanuel Bourdieu. Réalisé par l’un des scénaristes attitrés d’Arnaud Desplechin, une œuvre surprenante, qui dessine d’abord le tableau tragi-comique des amitiés viciées par la compétition et l’envie, dans le milieu universitaire français. Mais le vrai sujet du film est ailleurs : il touche avec subtilité à la violence sociale, aux rapports de force et à la hiérarchie. On y suit la trajectoire d’un homme en fuite cherchant à quitter sa vie rangée, changer de milieu ou disparaître.
Grand prix de la semaine de la critique, Cannes, 2006.
Avec Malik Zidi, Natacha Régnier et Jacques Bonnaffé.
Le 3 février, Flandres de Bruno Dumont. Une œuvre forte, réalisée par l’un des créateurs les plus singuliers du cinéma de notre temps. Le récit de ce film se découpe en deux. Comme souvent chez Bruno Dumont, une partie s’applique à brosser le portrait des habitants du Nord, interprétés par des acteurs non-professionnels, découverts par le cinéaste. L’autre partie nous transporte dans un pays en guerre, peut-être au Moyen-Orient, où vont se battre certains personnages du film. L’une des représentations de la guerre les plus saisissantes depuis Kubrick.
Grand prix du jury, Cannes, 2006. Avec Samuel Boidin, Adélaïde Leroux et Henri Cretel.
Le 4 février, Bled number One de Rabah Ameur-Zaïmeche. Le film d’un cinéaste au point de vue unique, à découvrir. Réalisé et interprété par Rabah Ameur-Zaïmeche, le film raconte l’histoire d’un homme expulsé de France qui retourne en Algérie, dans son village natal. Il y trouve un mode de vie compartimenté, entre l’appartenance au groupe des hommes et l’isolement des femmes, leurs douleurs et leurs petites joies.
Prix de la jeunesse, Un certain regard, Cannes, 2006.
Avec Rabah-Ameur Zaïmeche, Meriem Serbah et Abel Jafri.
Plus d’infos : http://www.antitube.ca/fr/programme/252/ Au Musée de la civilisation - Auditorium 1 (85 rue Dalhousie)
Réservation : 418-643-2158
Information : 418-524-2113
Admission générale 6$ / 4$ membres d’Antitube, amis du Musée, et étudiant-e-s avec carte.
