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Des épigraphes québécoises honorent des Françaises

Depuis quelques années, la ville de Québec accroche sur les murs de son territoire des épigraphes destinées à rappeler le souvenir de personnes ayant marqué la petite comme la grande histoire de Québec. Après Marthe Caillaud-Simard (1901-1993), militante d’origine française qui fonda à Québec, le premier point de ralliement de la France libre au Canada lors de la Seconde Guerre ; une autre Française est honorée, Henriette Barrot-Chênevert (1902-1997), première femme architecte de Québec.

Née à Marseille en 1902, Henriette Barrot, est une jeune femme au caractère déterminé et entreprenant qui rêve de devenir aviatrice, un métier fermé aux femmes. Influencée par son milieu familial, elle se tourne avec audace vers un autre domaine réservé aux hommes, celui de l’ingénierie et de l’architecture. Elle étudie la sculpture et le dessin industriel à Paris et, pendant qu’elle travaille comme dessinatrice au Service des ponts et chaussées, elle poursuit ses études au Conservatoire des arts et métiers.

À 23 ans, venue rejoindre son frère au Canada, elle y prendra mari et pays. Ses compétences dans les domaines technique et mécanique, en dessin industriel et en génie, lui valent de travailler pour la réputée agence d’architectes de son époux, Raoul Chênevert. Ne pouvant faire reconnaître officiellement ses compétences, elle y œuvre dans l’ombre de son mari, lequel signe ses plans et esquisses.

En 1951, après la mort de son mari, Henriette Barrot-Chênevert prend sa « vraie » place au sein de l’agence. L’année suivante, elle devient – enfin - membre de l’Association professionnelle des architectes. Elle assure alors le suivi des projets amorcés avant la maladie de son mari.

À partir de 1959, une nouvelle phase s’amorce dans sa carrière alors qu’elle s’associe à son fils Guy, lui aussi architecte. La nouvelle agence Chênevert et Chênevert élabore des projets variés en architecture privée et publique. Associée dès le milieu des années 1930, aux travaux d’agrandissement, de rénovation et de réfection de l’hôpital de l’Enfant-Jésus, Mme Barrot-Chênevert fera de la construction du pavillon Notre-Dame de l’Enfant-Jésus son œuvre majeure. Elle dirige d’ailleurs tous les travaux de l’institution jusque dans les années 1960.

À partir de 1963, son travail se poursuit dans un autre registre. Préoccupée par le peu de place que tiennent les femmes dans la profession, elle participe à la fondation de l’Union internationale des femmes architectes. Ayant enfin acquis un statut et une reconnaissance professionnels, Henriette Barrot-Chênevert se consacre dès lors à faciliter l’intégration de ses consœurs dans la profession et à faire reconnaître la pratique architecturale féminine.

http://www.ville.quebec.qc.ca/apropos/portrait/attraits/epigraphes.aspx

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