Discours du Premier ministre devant la communauté française de Québec

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Fil’gouv

Le 15 mars 2013

Monsieur l’ambassadeur,
Monsieur le consul général,
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mes chers compatriotes,

Je suis particulièrement heureux de conclure parmi vous cette visite d’une exceptionnelle densité qui m’a conduit d’Ottawa à Québec, en passant par Toronto et Montréal. Car la ville de Québec incarne, dans le cœur des Français, l’émouvante ténacité de tout un peuple à préserver et à faire vivre la langue française en Amérique. Notre langue, mais aussi les valeurs qu’elle véhicule, la liberté, l’égalité, la fraternité, l’attachement à la culture qui souffle ici avec une force exceptionnelle.

J’ai été très touché par le charme de cette ville, de son patrimoine historique si bien restauré et classé à juste titre au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais je sais aussi que derrière les rues pavées et l’ancien rempart, il y a une ville moderne et dynamique, où s’épanouit un tissu d’entreprises en plein essor. Québec est ainsi devenue une ville de l’innovation technologique et de la créativité, notamment dans les domaines de l’optique photonique, de l’agro-alimentaire, de la santé, des biotechnologies ou de l’intelligence artificielle.

Et c’est ce dynamisme qui vous pousse à venir ici, chaque jour plus nombreux, pour une expérience de quelques années ou pour une installation durable. On me dit ainsi que votre nombre a plus que doublé au cours des dix dernières années !

Certains d’entre vous accompagnent l’engouement des entreprises françaises pour le Québec, qui ne se dément pas malgré la crise. - D’autres ont tenté l’aventure seuls, attirés par la perspective d’une vie nouvelle et par les nombreuses possibilités qu’offrent les accords de reconnaissance mutuelle des qualifications.

JPEG D’autres enfin ont choisi Québec pour suivre une partie de leur formation supérieure. Je tiens à vous en féliciter. L’internationalisation de votre parcours sera un atout pour trouver un emploi.

Tous, vous marquez de l’empreinte française les innombrables projets et initiatives qui participent à la vitalité de la ville de Québec.

Je pense, dans le domaine culturel, à la coopération intense entre les musées français et les grands musées que sont ici le « Musée de la civilisation » et le « Musée national des beaux-arts de Québec ». Je pense aussi à la présence de nombreux artistes français au festival d’été de Québec, plus grand festival en plein air de toute l’Amérique du Nord.

Dans le domaine du savoir, l’université Laval, qui célèbre cette année son 350e anniversaire, compte plusieurs équipes de recherche cofinancées par le CNRS, un cas unique dans le monde à cette échelle.

Je pense aussi à la section Québec de la Chambre de commerce française au Canada, dont je salue le dynamisme au service de l’insertion de nos entrepreneurs dans le tissu économique local.

La coopération décentralisée n’est pas en reste, grâce à la relation étroite qui existe entre Québec, Bordeaux et Paris.

Mes chers compatriotes,

L’expatriation est une aventure formidable, mais on sous-estime souvent l’effort d’adaptation qui en conditionne la réussite, même ici en territoire francophone. Mon gouvernement en est bien conscient et travaille à y apporter des réponses concrètes.

L’éducation est, à juste titre, au centre de vos préoccupations. Vous avez la chance de disposer à Québec d’un établissement d’une qualité remarquable, le Collège Stanislas. Je sais que votre croissance rapide ces dernières années pose avec acuité la question de son extension. Je l’ai évoquée avec Pauline Marois. Je connais également l’inquiétude que suscite la nécessaire réforme des bourses scolaires, qui vise à assurer la soutenabilité et l’équité du système. Chaque cas posant des difficultés particulières sera examiné individuellement.

Je veux également vous rassurer sur la question des titres de séjours qui préoccupe certains d’entre vous. L’ambassadeur et le consul général sont mobilisés et le ministre fédéral de l’immigration nous a assuré que le traitement des dossiers « oubliés » reprenait son cours normal et qu’ils seraient traités avant l’été. De même, j’ai évoqué avec Pauline Marois la question de la mise en œuvre des Accords de reconnaissance mutuelle et de leur extension à de nouveaux métiers. Je veillerai à ce que ce dossier fasse l’objet d’un suivi attentif, notamment à l’occasion du comité mixte qui se réunira en juin prochain.

Je tiens enfin à remercier les associations françaises de Québec, qui apportent leur soutien à nos compatriotes en difficulté et contribuent à enrichir le lien social dans la communauté française.

Mes chers compatriotes,

JPEG La relation franco-québécoise, dont vous êtes les premiers acteurs, est pour la France un trésor inestimable. C’est pour resserrer ces liens que je suis venu au Québec. Au terme de mes entretiens avec Pauline Marois, mais aussi de toutes les rencontres que j’ai pu avoir, je suis impressionné par la richesse de notre coopération et confiant dans notre volonté commune de lui ouvrir de nouveaux horizons, dans le champ du dialogue politique, des échanges économiques, de l’innovation, du développement durable, de la culture et, surtout, de la jeunesse.

Au-delà de cet objectif, ma visite a également une dimension économique forte, comme en témoigne la présence dans ma délégation d’une vingtaine de chefs d’entreprises, dont une majorité de PME. Elle s’inscrit ainsi dans le cadre de l’effort de redressement engagé par mon gouvernement, face à une crise d’une ampleur exceptionnelle.

Maîtriser nos finances publiques pour redonner à la France des marges de manœuvre, réorienter l’Europe vers la croissance et l’emploi, reconstruire la compétitivité de notre outil industriel, relancer un dialogue social constructif, rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace, moderniser les administrations publiques, rénover notre effort de solidarité, investir dans l’éducation et les projets d’avenir, exploiter tout le potentiel des outils numériques : ce sont les chantiers que nous avons engagés et ils sont immenses !

C’est tout le sens du « nouveau modèle français » qui inspire l’action de tout le gouvernement, et qui vise à adapter ce qui fait la force et la singularité de notre modèle social et républicain aux défis du 21e siècle. Car l’enjeu est double : il s’agit à la fois de préserver les conditions de notre prospérité, mais aussi de faire en sorte que la voix de la France continue de porter, dans un monde marqué par l’émergence de nouvelles puissances et de nouveaux défis, tels que l’instabilité financière, le changement climatique ou le terrorisme.

L’action que nous menons au Mali contre le terrorisme en témoigne : si la France n’avait pas répondu à l’appel à l’aide du Mali, avec le soutien de ses partenaires africains et de ses alliés, c’est la stabilité d’une région tout entière et la sécurité de la France et de l’Europe, qui auraient été mises en péril par la constitution d’un dangereux sanctuaire terroriste. Je veux rendre hommage devant vous à nos troupes, dont l’engagement et le courage forcent l’admiration, et saluer la mémoire de nos quatre soldats tombés au combat.

Mes chers compatriotes,

Alors que mon voyage au Canada s’achève demain, je ne voudrais pas terminer mon propos sans adresser mes plus vifs remerciements à l’ambassadeur de France et à tous les consuls généraux, à commencer par notre consul général à Québec, pour leur mobilisation et leur professionnalisme.

Je tiens également à vous remercier d’être venus si nombreux et je vous souhaite à toutes et à tous une expatriation heureuse et bénéfique, d’abord bien sûr pour vous et vos familles, mais aussi pour la vitalité du lien que vous incarnez entre la France et le Québec et, au-delà, pour le rayonnement de notre pays sur le continent nord-américain.

Vive l’amitié franco-québécoise !
Vive la République !
Vive la France !

© Benoit GRANIER/Matignon

publié le 21/03/2013

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