Entretien avec Frédéric Dardel, Président de l’Université Paris Descartes

A l’occasion de sa visite au Québec, Frédéric Dardel nous a fait le plaisir de répondre à nos questions concernant les relations entre l’université Paris-Descartes et les organismes de recherche québécois.

JPEG Professeur Dardel, vous êtes le Président de l’université Paris-Descartes, pouvez-vous nous présenter rapidement votre établissement ?

Dans le paysage parisien notre université est un établissement important puisque nous accueillons plus de 35 000 étudiants, et notre corps professoral est d’environ 1800 enseignants-chercheurs. Notre université a une forte notoriété à l’international dans son cœur de métier historique bien sûr, la médecine, la pharmacie, la psychologie et les sciences humaines, la santé en général mais aussi dans les disciplines comme le droit, où l’expertise droit et santé est importante, c’est un exemple. Nous accueillons environ 7000 étudiants étrangers.
Notre « couleur » science de la vie est encore plus évidente quand on lit la carte de France des unités Inserm par exemple où l’Université Paris-Descartes représente le premier établissement d’accueil des chercheurs Inserm en France (dans nos UMR).

Vous repartez en France après un voyage de quelques jours au Canada, dont les deux derniers au Québec.
Quelles sont les priorités de la stratégie internationale de l’université Paris-Descartes, à la fois en terme de recherche et de formation ?

Après un début de mandat chargé, je commence à effectuer quelques déplacements dans les pays où notre coopération est prioritaire : nous n’avons pas les moyens humains et financiers d’une stratégie dispersée à l’international, donc, à ce jour, nous avons cinq grands pays prioritaires :
1. L’Allemagne pour des raisons historiques avec un lien ancien avec Berlin,
2. Le Canada,
3. Le Brésil, donc une porte d’entrée au nord et une au sud sur le continent américain,
4. La Chine
5. La Russie

En termes de recherche nous souhaitons développer des complémentarités, par exemple sur la recherche de nouveaux médicaments, ce que j’ai vu au Canada, et au Québec en particulier nous intéresse beaucoup. Notre coopération à Montréal avec l’IRIC (Institut de recherche en immunologie et cancérologie), sur ce sujet, est déjà bien établie et nous pourrions envisager ensemble des scénarios plus audacieux vis-à-vis de la création d’entreprises issues des biotechnologies ou la pharmacie par exemple.

En termes de formation, nous souhaitons, bien sûr, attirer de très bons étudiants et aussi des talents d’avenir dans notre université, mais nous devons aussi veiller à la mobilité de nos propres étudiants. Le Canada, à ce titre, joue un rôle particulier pour la France, on le sait bien. On peut y parler soit français, soit anglais, soit les deux. Nos étudiants sont donc très attirés par le pays et ses universités ; c’est donc pour nous une destination précieuse, pour des stages ou pour la formation à la recherche. La visite rapide à Ottawa et la rencontre que je viens d’avoir avec le président Allan Rock a été très intéressante, tout comme ma visite à Toronto, ville que j’ai découverte avec justement une grande diversité culturelle, ainsi que son université, elle aussi très réputée en médecine.

Quel est l’état actuel des collaborations entre les organismes de recherche et de formation québécois et votre université ?

Ces collaborations sont très nombreuses, et il m’a été difficile, avant ce voyage d’en dresser une liste exhaustive. Il y a des domaines où nos projets communs sont féconds et structurés, comme en psychologie et psychiatrie, ou en pharmacie comme je l’ai déjà mentionné. Notre IUT a aussi des échanges avec de nombreux établissements de l’université du Québec, ou certains collèges, ces mobilités sont nombreuses et nos étudiants en sont très satisfaits. En médecine et neuroscience nous avons une entente avec l’université d’Ottawa et nous venons de signer son renouvellement à l’occasion de ma visite avec le Président Allan Rock et j’en suis ravi.

Au cours de votre visite, vous avez rencontré de nombreux organismes, principalement orientés vers la recherche en santé. Ces rencontres vous ont-elles ouvert de nouvelles perspectives de coopération avec le Québec ?

Oui indéniablement.
La visite à l’Institut de Recherche Clinique de Montréal a été très informative et pourrait déboucher sur une relation nouvelle avec notre institut des maladies rares Imagine par exemple. Comme je l’ai dit notre coopération, déjà très fructueuse avec l’IRIC, pourrait encore se structurer puisqu’il y a là une plateforme excellente dans le criblage de nouvelles molécules. L’INRS (Armand Frappier) a été aussi très heureux de nous recevoir. Nous avons très probablement des choses à développer ensemble sous l’angle de la mobilité des étudiants ou sur des sujets de recherche ciblés en biologie.

Bien que ceci soit en dehors du Québec, je mentionne que nous allons travailler à renforcer les liens déjà existants entre l’Université de Toronto l’Institut Cochin à Paris.
Lors de vos rencontres, vous avez présenté votre université au sein de la Communauté d’universités et d’établissements « Sorbonne Paris Cité », qui collabore avec d’autres organismes comme l’Inserm et le CNRS, au sein d’Unités mixtes de recherche

Comment s’articule la stratégie internationale de l’université Paris-Descartes avec celle de ces autres établissements ?

La communauté d’établissements Sorbonne Paris Cité vise en effet à mettre en place une action cohérente et concertée à l’international notamment, et quelques « bureaux » vont être mis en place dans des pays prioritaires. Nous inaugurons en septembre un bureau à Buenos Aires, pour le continent sud-américain, nous pourrions parfaitement en avoir un à Montréal. J’ai eu à ce sujet une discussion très prometteuse avec M. Rémi Quirion, le Scientifique en Chef du Québec qui a accueilli cette idée avec enthousiasme.

publié le 24/07/2014

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