Chère Mme Sophie BROCHU, Madame la présidente,
Chère Francine LELIEVRE, Madame la Directrice générale,
Chère Mme Helen Fotopoulos, Madame la Conseillère,
Chers invités,
Buveurs très illustres... C’est par ces mots que François Rabelais saluait, en 1534, les lecteurs de Gargantua. Il avouait lui même avoir écrit ce texte sous l’emprise du vin, auquel nous devons bien des chefs d’œuvres dans tous les domaines des arts. L’histoire du vin témoigne des échanges culturels et commerciaux, des progrès de la science et de l’histoire de nos sociétés. Des historiens vont jusqu’à suggérer que Jules César aurait pris la décision de pénétrer en terre gauloise pour préserver la libre circulation des vins italiens jusqu’en mer du Nord...
Quoi qu’il en soit, le vin enthousiasme les Gaulois qui vont très vite acquérir, aux yeux des Romains, une solide réputation de buveurs impénitents : « A cause de leur amour du vin, écrit l’historien grec Diodore de Sicile, ils se gavent de celui que leur apportent les marchands sans le mélanger avec de l’eau et, comme leur passion les pousse à utiliser cette boisson dans toute sa violence, ils s’enivrent et sombrent dans le sommeil ou dans des états délirants. Aussi beaucoup de marchands italiens, en utilisant les cours d’eau navigables ou par charrois à travers les plaines, leur apportent du vin et en tirent des bénéfices considérables, car, en échange d’une jarre de vin, ils reçoivent un esclave ». En véritables barbares, les Gaulois boivent donc le vin pur, sans le couper avec de l’eau, comme c’est alors l’habitude des peuples civilisés ! Même si leur goût s’affine avec les siècles, ils restent encore à la fin de l’Empire, pour l’historien Ammien Marcellin, une « race avide de vin en état d’ébriété permanente ».
Ce goût immodéré des Gaulois pour ce nectar des dieux a perduré. Et on peut aujourd’hui se réjouir que la seule évocation de la France fasse immédiatement penser au bon vin et à la douceur de vivre, l’un n’allant pas sans l’autre.
A partir d’aujourd’hui dans ce magnifique musée de Pointe-à-Callière, vous pourrez admirer plus de 200 objets provenant des plus grandes institutions canadiennes, nord-américaines et françaises – dont le Musée du Louvre – et de collections privées. Ils vous mèneront sur la passionnante route des origines du vin en Gaule. Cette importante exposition est réalisée avec l’amical concours des musées gallo-romains de Lyon-Fourvière et de Saint-Romain-en-Gal-Vienne et marque aussi les 20 ans de jumelage des musées gallo-romains avec Pointe-à-Callière.
La belle sélection d’objets dévoilés est composée d’objets rares et de chefs d’œuvre, témoignant de toutes les dimensions du vin, du sacré au profane. Je salue l’initiative d’une exposition qui offre un tel éclairage, insolite, sur notre histoire. Aristote soulignait en son temps que "L’Art et le vin sont les joies supérieures des hommes libres".
Le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal les rassemble et nous l’en remercions chaleureusement.
Alors longue vie aux buveurs, et bonne exposition à tous !
