Journée Internationale de la Femme - 5 portraits de femmes scientifiques à l’Ifremer

A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme dimanche 8 mars, l’Ifremer vous présente cinq femmes scientifiques. Chercheuse, ingénieure, technicienne, toutes exercent leur métier à l’Ifremer avec passion et encouragent les jeunes femmes qui souhaitent se lancer dans un parcours scientifique.

Les femmes sont sous-représentées dans les carrières scientifiques. Dans le monde, moins d’un chercheur sur trois est une femme. Elles ne sont que 27 % à préparer un diplôme d’ingénieur en France*.

L’Ifremer mène une politique volontariste en matière de mixité. Deux accords successifs sur l’égalité professionnelle ont été signés en 2008 et 2011. Les femmes représentent 44 % des effectifs de l’Ifremer (contre 34 % en 1990) et en 15 ans, le pourcentage de femmes dans l’effectif total des cadres est passé de 19 % à 36 %.

Carole Magnier, 32 ans, ingénieure mécanique,
Unité Systèmes Sous-Marins,
Centre Ifremer Méditerranée à la Seyne sur Mer

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Carole Magnier © Genavir/Pierre Triger

Pour Carole, les femmes ont tout autant leur place que les hommes dans le domaine de la mécanique : « Mesdames, si ces professions vous attirent, il n’y a aucune raison objective d’hésiter à vous lancer. Les seules limites que vous rencontrerez seront celles que vous consentirez à vous mettre. »

Carole s’est découvert un intérêt particulier pour la mécanique au cours de ses études à l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Marseille (Centrale Marseille aujourd’hui). Elle a poursuivi avec un doctorat en biomécanique. Elle a travaillé quatre ans en tant qu’ingénieure calculs dans le domaine du nucléaire, avant d’intégrer il y a deux ans l’Ifremer, où elle s’occupe du dimensionnement mécanique d’engins sous-marins.

Cela consiste à concevoir des structures capables de résister à l’environnement dans lequel elles évolueront ainsi qu’aux sollicitations mécaniques qu’elles subiront tout au long de leur vie, tout en respectant des contraintes d’encombrement, de masse et de coût de fabrication. Cela inclut également la participation aux essais réalisés à terre comme en mer. Elle travaille sur divers projets dont un nouvel engin sous-marin développé à l’Ifremer.

Daniela Zeppilli, 34 ans, chercheuse,
Unité Etudes des Ecosystèmes Profonds,
Centre Ifremer Bretagne à Brest

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Daniela Zeppilli / © Fred Tanneau

« Il y a encore tellement de chose à comprendre et à découvrir soit dans la doc17051|right> recherche fondamentale, soit dans les applications potentielles que chaque jeune femme peut trouver sa passion ! Et ça ne veut pas dire renoncer à une vie féminine, au contraire une vie de maman apporte une énergie et un courage sans faille à la vie scientifique. »

Après des études en Italie, en Belgique et au Portugal, Daniela est aujourd’hui post-doctorante au laboratoire environnement profond à l’Ifremer (LabexMer). Elle étudie les nématodes, petits vers de moins d’un millimètre que l’on trouve aussi bien sur la plage que dans les grands fonds. Très résistants, ils ont développé des capacités pour vivre dans des milieux très hostiles.Elle explore en particulier les interactions entre les nématodes et les microbes en essayant de comprendre l’histoire de cette amitié abyssale.

L’objectif ? Si l’on arrive à comprendre leurs mécanismes de résistance face aux bactéries, on pourra utiliser leurs molécules pour fabriquer une nouvelle génération de médicaments, notamment des antibiotiques… Daniela a reçu l’une des 20 bourses nationales 2014 L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science.

Sophie Gourguet, 28 ans, chercheuse,
Unité Economie Maritime,
Centre Ifremer Bretagne à Brest

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Sophie Gourguet / © MNHN/Frédéric Legendre

« Si un domaine vous attire, il faut se lancer. L’important est d’être intéressé par ce que l’on fait. Et il ne faut pas s’inquiéter non plus de ne pas avoir un chemin tout tracé au départ. La passion se construit. »

Après une licence en sciences de la vie et un master en écologie, Sophie s’est intéressée au milieu marin, à la faveur d’un sujet de stage de master sur les pêcheries. Elle a récemment rejoint l’équipe de l’unité d’Economie Maritime à l’Ifremer (UMR AMURE) après l’obtention d’une thèse sur la modélisation bio-économique pour la gestion durable de pêcheries mixtes, qui lui a valu le Prix de thèse 2015 de l’Institut océanographique. Les modèles bio-économiques, qui combinent des considérations biologiques et économiques, ont pour but d’intégrer les activités humaines avec des modèles écologiques. Ainsi, Sophie travaille actuellement sur des questions de modélisation écologie-économie en appui à la gestion intégrée de zones côtières.

Emilie Rostiaux, 30 ans, technicienne halieute,
Unité Sciences et Technologies halieutiques,
Centre Ifremer Bretagne à Brest

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Emilie Rostiaux

« Il ne faut pas hésiter à se lancer dans une voie scientifique. Chacune d’entre nous a sa place à trouver. »

Titulaire d’un DEUST Technicien de la mer et du littoral, Emilie est technicienne halieute au sein de l’Ifremer depuis 2007. Sa carrière a débuté au Centre Manche Mer du Nord, à Boulogne-sur-Mer, où elle a contribué à la collecte de données auprès des pêcheurs professionnels ainsi que lors des campagnes scientifiques halieutiques IBTS et CGFS. Riche de relations humaines et de connaissances acquises grâce aux pêcheurs professionnels, ce travail de terrain lui a permis d’aborder l’halieutique dans différents contextes (extractions de granulats marins, études de sélectivité des engins de pêche). Aujourd’hui coordinatrice du réseau d’observation halieutique du Système d’Informations Halieutiques (SIH) au Centre Bretagne, à Brest, ces expériences lui servent au quotidien pour assurer le lien entre responsables des actions de collecte et observateurs qui contribuent à l’acquisition de données halieutiques en mer et à terre.

Anik Brind’Amour, 42 ans, chercheuse,
Unité Ecologie et Modèles pour l’Halieutique,
Centre Ifremer Atlantique à Nantes

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Anik Brind’Amour

Elle conseille aux filles qui hésiteraient à se lancer dans des études scientifiques, « de suivre sans hésiter leur instinct. Les sciences et particulièrement la recherche permettent de valoriser et échanger ses idées, de voyager et d’apprendre tout en s’amusant. Et malgré les idées reçues, une carrière en sciences se marie très bien avec la vie de famille ! ».

Originaire de la région d’Ottawa au Canada, Anik est passionnée par la mer et tous ses « habitants ». Diplômée de l’université de Montréal en écologie des poissons, elle a intégré l’Ifremer en 2005 pour son post-doctorat. Elle travaille aujourd’hui sur la compréhension et la modélisation des impacts des activités humaines et des pressions environnementales sur les habitats des zones côtières ; Elle s’intéresse en particulier aux nourriceries, où grandissent les juvéniles de poissons. Elle est ainsi responsable de la campagne en mer NURSE, qui se déroule chaque année à la fin de l’été et vise à étudier les nourriceries du golfe de Gascogne.

publié le 13/03/2015

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