Le Portrait du mois... Alice*

Alice, c’est la "frenchie en Québéquie" qui fait hurler de rire son public lorsqu’elle poste un nouveau billet sur son blog éponyme (http://aliceinquebequie.blogspot.ca). Petite trentaine, Alice est née en France. Le Québec l’a choisi, ou plutôt il a choisi son projet universitaire il y a cinq ans. La voilà partie, les mains dans les poches, vers un nouvel avenir dans lequel elle ne connait personne et a seulement une certitude, ses revenus seront assurés grâce à une bourse universitaire.

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Depuis, Alice décrit avec facétie, les hauts et les bas d’une immigration parfois surprenante. Elle se souvient de la période "lune de miel". Ses deux premières années que les néo- québécois associent souvent à l’impression de vivre sur un nuage entourés de « bisounours ». « J’avais la sensation d’être accueillie dans un beau et merveilleux pays où tout était moins cher qu’en France, les gens y étaient super sympas et tout semblait parfait ». Et puis la routine s’est installée. « Les habitudes ont fondamentalement changé ma vision un peu trop idéaliste du Québec ». Le beau l’est devenu nettement moins, les liens sont apparus davantage superficiels que réels. Cette superficialité dans les relations quotidiennes est sans doute ce qui lui pèse le plus aujourd’hui. « J’ai réalisé que l’individualisme était au-dessus de toute relation alors que j’avais cru le communautarisme indéboulonnable tant les gens sont gentils de prime abord. »

Alice ne le cache pas, elle connait désormais indéniablement plus de Français que de Québécois. Peut-être la faute à sa langue bien pendue qui fait tant rire sur la toile, avance-t-elle. Elle réfléchit. « Il y’a aussi cette étrange barrière des cercles. Au Québec, il est très déstabilisant de se rendre compte que le cercle familial, le cercle, amical et le cercle professionnel ne se recoupent que très rarement. Ainsi, il est plutôt difficile de devenir ’ami" avec ses collègues de travail québécois et exceptionnel d’être invité chez eux, C’est vraiment une différence culturelle importante"

Pour elle, là ou le bât blesse le plus, c’est indéniablement, c’est lorsqu’on évoque le système de santé. « Si on veut vivre heureux au Québec, il ne faut pas tomber malade. Dans le cas contraire, on a tôt fait de se sentir seul face au monde quand les portes se ferment les unes après les autres : "pas de rendez-vous ce mois-ci, rappelez dans 15 jours". Et 15 jours après c’est rebelote ! »

Mais il y a aussi des véritables bonheurs comme cette obséquiosité qui peut paraître excessive au début mais qui devient vite agréable. « Cet aspect de la société québécoise aurait vraiment pu rapidement me taper sur les nerfs. Et puis non. Au contraire, c’est finalement quand même très agréable de vivre ici. »

Une question sur l’immigration…

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

« Se REN-SEI-GNER. Et pas seulement sur les blogs et les sites de propagandes sur l’immigration au Québec. Essayer de glaner le plus d’information possible sur la "vraie vie" ici et justement, essayer d’appréhender les points négatifs aussi bien que les positifs. Parce que lorsque l’on laisse sa vie, son travail, sa maison, ses amis et sa famille, il est vraiment primordial de le faire en connaissance de cause. Je suis toujours très étonnée par certains mails que je reçois de la part de futurs immigrants qui n’ont absolument aucune idée dans quoi ils s’embarquent. »

*Alice est un nom d’emprunt. Alice n’est pas un personnage fictif. Nous l’avons rencontrée en personne au Consulat

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publié le 06/06/2013

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