Le Portrait du mois... Emilie Saikali (juillet 2011)

JPEG C’’est pour suivre son mari, neuropathologiste nommé à Québec, qu’’Emilie Saikali, 34 ans, a quitté Rennes. Pédiatre dans un hôpital, elle serait bien restée dans la capitale de la Bretagne, mais l’’amour a été plus fort. La petite famille (le couple a deux jeunes enfants de 2 ½ ans et 4 ans) est arrivée à Québec en septembre 2010. Depuis, Emilie ne cesse de s’’émerveiller devant ce Québec qui lui était jusqu’’ici inconnu et qui l’’éblouit.

Quand il neige en avril, elle se réjouit d’’une chasse aux œufs sur fond blanc. Quand Immigration Canada égare temporairement le dossier qui lui permettrait d’’entrer en fonction au Centre hospitalier et universitaire de Québec (CHUL) où un emploi l’’attend, elle préfère relativiser. « J’’ai eu du mal à quitter ma famille et mes amis, raconte-t-elle. Les enfants étaient inscrits dans une école que j’’aimais beaucoup. On venait d’’acheter un appartement. Alors, forcément, le départ n’’a pas été évident. » Coup de blues à leur arrivée à Québec : ils ne connaissaient personne et leur logement était vide. « Les voisins nous ont prêté des matelas. Nous nous sommes sentis accueillis. On a découvert une vraie vie de quartier. On s’’est même fait quelques amis. Je voudrais que ça aille plus vite mais j’’avoue que nous sommes conquis parce que nous avons trouvé une société moins individualiste et plus accueillante. »

Emilie sait cependant que l’’amitié ne se crée pas en un coup de baguette magique et qu’’il faudra laisser du temps pour que se développent des liens. « Les gens sont très chaleureux d’’un premier abord, malheureusement, cet élan s’’arrête vite, regrette-t-elle. C’’est parfois un peu décevant car les relations restent superficielles. » Il n’’en demeure pas moins que le couple, qui pensait s’’installer pour deux ans au Québec, imagine déjà prolonger son séjour. Trois ans, peut-être même plus. L’’éloignement de la famille restée en France freine un peu Emilie « mais ça peut changer ».

Aujourd’’hui, seule petite ombre au tableau, elle appréhende son premier jour de travail. « J’’espère tout de même que les histoires de papiers se régleront rapidement et que je pourrai enfin commencer à pratiquer. J’’imagine que la façon de faire dans un hôpital québécois va être bien différente de ce que j’’ai connu dans un service que je connaissais parfaitement à Rennes puisque j’’y avais fait mes études. » Peut-être pour le meilleur : ses futurs collègues lui ont déjà indiqué qu’’elle n’’enfilerait pas les longues heures de présence à l’’hôpital : au Québec, contrairement à la France, quand un médecin est de garde, il peut rester chez lui et ne se déplace dans son hôpital que si cela est nécessaire. Un sacré plus pour concilier vie de famille et travail.

Yasmine Berthou

PS : Début juillet 2011, Emilie a reçu ses papiers d’’immigration. Elle va bientôt prendre ses fonctions au CHUL de Québec.

Deux questions sur l’’immigration…

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’’installer au Québec ?

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publié le 30/11/2011

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