Le Portrait du mois… Général de division Frédéric Dequen

Général de division Frédéric Dequen, rockeur rebelle mais discipliné

JPEG Le Général Frédéric Dequen touche pour la première fois le sol québécois en 1973. Issu de Saint-Cyr, il choisit L’Infanterie et après 3 ans en unité de combat demande cette année-là l’autorisation d’effectuer un stage à l’étranger dans le but de perfectionner son anglais. A sa grande surprise, la demande de stage est acceptée et il est envoyé à la base militaire de Valcartier (au nord de la ville de Québec).

« Je me souviendrais toujours de mon arrivée à Québec le 1er novembre alors que personne ne m’attendais. Pendant trois semaines, je n’ai rien fait si ce n’est tourner en rond et marcher dans la neige. Et puis un jour, le colonel du 2ième Royal 22e Régiment a appris que j’errais à la recherche d’occupations. A partir de ce jour-là, ma vie a changé. » Il quitte Valcartier, pour la Citadelle de Québec où il commence un séjour inoubliable.

Au cours de cette période, il est même envoyé pendant deux mois à Edmonton, en Alberta, au sein du 1er Commando où il obtient son brevet canadien de parachutiste. Si ce séjour québécois est tellement inoubliable, c’est aussi parce qu’il y a rencontré Michèle. Féru d’histoire, Frédéric Dequen s’intéresse à celle de la Citadelle qui l’accueille et c’est par le plus grand des hasards que la future Madame Dequen explore justement ce haut lieu touristique de la ville de Québec le jour où le beau militaire s’occupe de la visite.

Quand il rentre en France après cette parenthèse enchantée, Frédéric Dequen poursuit sa carrière militaire. Ainsi Il commandera le 5RI- Régiment de Navarre- jumelé avec le R22ième Régiment Après un mariage (avec Michèle), 18 déménagements et trois enfants, tout aurait pu continuer le plus simplement du monde. C’était sans compter sur la deuxième de la famille qui, au tournant des années 90, annonce que, plutôt que d’entreprendre des études dans une université française, elle souhaite poursuivre son apprentissage sur les terres maternelles. Elle s’envole alors pour Québec. Peu de temps après, c’est au tour de la petite dernière de suivre les pas de sa sœur aînée. Le couple Dequen voit ainsi ses deux filles commencer une vie en Amérique tandis qu’eux continuent de se déplacer au fil des affectations militaires à Metz, Paris, Bruxelles, Rennes, etc.

Lorsque leur fils fait part de sa décision de quitter lui aussi l’Hexagone pour s’installer dans la Belle province, en 2000, les Dequen sentent que le vent a tourné et que leur retraite, qu’ils imaginaient en Bretagne, se déroulera plutôt sur les rives du fleuve Saint-Laurent. « Si nous avions choisi de rester en France, nous nous serions retrouvés tous les soirs yeux dans les yeux, pieds dans les pieds, en ne voyant pas grandir la nouvelle génération », explique le Général Dequen. A la fin de l’année 2005, alors que sa carrière militaire s’achève, il décide donc avec son épouse de plier bagage, direction Québec. « Mon problème n’a pas été de décider de partir au Québec mais plutôt de prendre ma retraite, ce qui est le cas pour nombre de militaires qui ont réussi une belle carrière et pour qui, du jour au lendemain, tout s’arrête. »

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Frédéric et René Dequen en 2008 à Québec

A l’aube de leur retraite, les Dequen laissent en France des amis et des souvenirs. Il y a cependant une chose que le général Dequen n’aurait jamais abandonnée : son impressionnante collection de disques vinyles, plus de 2400 albums, essentiellement rock ,blues et jazz, parmi lesquels plus de 20 albums de Johnny Cash, artiste qu’il avait justement découvert… pendant son année québécoise au début des années 70. Une collection qui les a suivis dans chacun de leurs 19 déménagements !

Une question sur l’immigration…

-  Quel conseil donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

« Lorsqu’un Français arrive au Québec, il doit accepter qu’il est, avant toute chose, en Amérique. Les raisonnements et les relations interpersonnelles y sont très différents de ce qu’il a pu connaître en France. Les Québécois n’entretiennent pas les relations comme c’est le cas en France. Si l’accueil qu’ils nous réservent est chaleureux, il est aussi superficiel. Ils seront donc ravis de vous voir mais ils vous auront oublié dès le lendemain.

Les Français qui viennent s’installer au Québec devraient garder toutes leurs qualités françaises tout en ne montrant jamais qu’ils sont Français. Il est en effet plus difficile pour les Français que pour n’importe qui d’autre de venir au Québec. Contrairement à ce qu’ils croient, ils ne sont ni attendus ni accueillis. Ils devront faire leurs preuves et alors, seulement, les portes s’ouvriront. A l’inverse de la France ,toutefois , cela peut devenir très rapide Il faut donc arriver préparer et faire preuve de patience, sans jamais oublier qu’un Québécois ne dira jamais à quelqu’un qu’il a tort. Il préfèrera dire à cette personne qu’elle n’a pas tout à fait raison. A cela s’ajoute le fait qu’une décision ne sera jamais prise s’il n’y a pas consensus. Une situation qui peut parfois mener à de très longues tractations sans jamais qu’il n’y ait de véritable débat. »

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publié le 30/12/2013

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