Le Portrait du mois... Jean-Luc Carmelli (juin 2012)

Deux questions sur l’immigration…

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

Jean-Luc Carmelli : « Nous vivons un conte de fée »

Jean-Luc Carmelli, 44 ans, fait partie de ceux qui ont préparé avec minutie leur arrivée en terre québécoise. Avant de s’installer, il est venu tester le terrain à trois reprises. Il est, à chaque fois, reparti conquis. Par la liberté d’entreprendre notamment. « Au Québec, on ne se trouve pas pénalisé par le fait d’avoir éventuellement raté quelque chose. On ne se retrouve pas en train de traîner un échec comme un boulet pendant toute sa vie. »

Le Québec est à ses yeux l’un des rares lieux où il est encore possible de vivre de sa passion. « Il suffit d’avoir la fibre entrepreneuriale et d’oser se lancer en affaires »

Arrivé avec sa femme et leurs trois enfants, Jean-Luc s’est senti très bien accueilli et se souvient des élèves de l’école de ses enfants qui avaient prévu une petite fête pour l’occasion. Il précise néanmoins n’avoir jamais perdu de vue l’idée qu’ils étaient des immigrants et qu’ils devaient apprendre à connaître la culture québécoise afin de pouvoir s’y intégrer. « On ne peut pas, à 40 ans, se faire des amis comme a 20 ans dans son propre pays mais il ne faut pas céder à la facilité de se retrouver uniquement entre Français. »

L’intégration n’a pas toujours été facile mais il est désormais satisfait de leur vie construite au Québec. « L’absence de barrière linguistique rend parfois les choses étranges. Ce serait sans doute plus facile de s’installer aux Etats-Unis car, du fait de la langue anglaise, on s’attendrait à ce que les choses soient différentes. A Québec, nous sommes entourés de francophones et nous avons donc la fausse impression que nous sommes pareils alors qu’ils sont culturellement des nord-américains et nous des méditerranéens. »

Son immigration n’en est pas moins une réussite. « Lorsque nous sommes arrivés, nous avons accepté les premiers emplois qui nous étaient offerts et puis nous avons découvert une épicerie fine, située à Lévis, sur la rive-sud du fleuve Saint-Laurent, avec laquelle nous sommes littéralement tombés en amour. » Il a racheté la boutique et, aujourd’hui, 17 employés, tous québécois y travaillent et l’affaire est florissante. « Les Québécois sont des épicuriens, ils sont à la recherche de nouvelles saveurs et aiment les nouvelles expériences culinaires, ce qui fait notre bonheur. » S’il avait la possibilité de faire marche arrière, il ne changerait rien. « J’ai l’impression de vivre un rêve éveillé dont je n’aurais pas imaginé qu’il puisse se réaliser lorsque nous avons bouclé nos valise en 2006. »

Yasmine Berthou

Cliquez ici pour lire les autres Portraits du mois

publié le 25/09/2012

haut de la page