Le Portrait du mois... Julien Doyen (octobre 2011)

Julien Doyen : « s’’adapter au Québec sans espérer que le Québec s’’adaptera à soi »

JPEGJulien Doyen, 26 ans, est arrivé à Québec en mars 2009, profitant du programme Volontariat international en Entreprise (V.I.E.). Cette formule, gérée par l’’Agence française pour le développement international des entreprises (www.ubifrance.fr) pour le compte du secrétariat d’’Etat chargé du Commerce extérieur, permet de confier à un jeune âgé de dix-huit à vingt-huit ans, une mission professionnelle à l’’étranger d’’une durée de six à vingt-quatre mois selon les projets des petites et moyennes entreprises (PME). Elle constitue une solution efficace pour les entreprises qui souhaitent se développer à l’’export. Et pour Julien Doyen un fabuleux tremplin pour l’’avenir.

« J’’avais entendu parler du V.I.E. dans mon école d’’ingénieurs et je m’’étais dit que cela pouvait constituer une formidable opportunité de carrière, ce d’’autant qu’’on a un statut privilégié puisqu’’étant officiellement embauché par la France, on bénéficie de la protection sociale française, nous ne pouvons pas être licenciés, nous sommes non-imposable et la grille de salaire est intéressante. L’’entreprise est exonérée de charges patronales et le V.I.E. est non imposable. » Lorsque l’’entreprise dans laquelle il effectue son stage de fin d’’études, lui propose un poste de chef d’’équipe à Québec, Julien Doyen accepte sans hésiter, estimant que cette expérience à l’’étranger facilitera ensuite son insertion professionnelle.

Il ne s’’est pas trompé : comme 70 % des V.I.E., il a reçu une proposition d’’embauche de la part de cette entreprise alors qu’’il arrive en fin de mission. « Mon expérience à Québec n’’aura pas été facile mais d’’une incroyable richesse. Je suis désormais directeur général de ma succursale et j’’ai 250 personnes sous mes ordres, lance-t-il. L’’entreprise pour laquelle je travaille connaît d’’importantes difficultés économiques au Québec et cela me permet de vivre une expérience incroyable ce que je n’’aurais jamais pu imaginer. » Julien Doyen reconnaît néanmoins sans mal que c’’est parfois difficile de se lever le matin quand on sait qu’’il va falloir licencier 25 personnes. « Cette malheureuse déroute financière aura aussi été une fantastique école et un bel accélérateur de carrière », remarque-t-il

Le 1er janvier prochain, Julien Doyen prendra la direction du siège social du groupe français auquel appartient la succursale québécoise dans laquelle il a fait son V.I.E. Il n’’en oubliera pour autant pas le Québec. « J’’avoue qu’’au début les choses n’’ont pas été si faciles. En fait, jusqu’’à ce que je découvre le pays : les Québécois sont des gens charmants, explique-t-il. Ils ont une culture bien spécifique et ils ont parfois un peu de mal à nous accueillir. Mais c’’est surtout parce que nous ne les écoutons pas toujours et que nous comparons souvent, à tort, le Québec à la France. C’’est facile de s’’intégrer si on accepte de reconnaître que nous ne sommes pas chez nous et que nous devons respecter un autre système de valeurs. Le Québec n’’est pas une colonie française, c’’est une nation indépendante qui a sa culture propre. »

Lui a parfaitement réussi son intégration et aurait même pu imaginer une vie au Québec s’’il n’’avait pas eu d’’attaches sentimentales en France. « En venant ici, j’’ai un peu mis ma vie entre parenthèse. Il n’’empêche que depuis deux ans mon appartement s’’est un peu transformé en hôtel qui ne désemplit pas d’’amis français qui rêvent du Québec. » Si pour lui, le Québec est effectivement synonyme de vie agréable, il prévient : « Il faut tout de même avoir en tête que pour avoir une vie agréable dans ce pays, il faut arriver avec un bon projet. Et accepter de s’’adapter au Québec sans espérer que le Québec s’’adaptera à soi. »

Yasmine Berthou

Deux questions sur l’’immigration…

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’’installer au Québec ?

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publié le 30/11/2011

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