Le Portrait du mois… Kevin Deret

Kévin Deret, 24 ans : Laisser sa culture française pour apprivoiser celle du Québec

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Kevin Deret est un nageur de haut niveau. En 2007, il quitte La Roche-sur-Yon pour entrer à l’Université Laval et poursuivre une double carrière estudiantine et sportive. « En France, il est moins évident de mener de front deux projets de ce genre, confie-t-il. Les enseignants français voient rarement d’un bon œil les sportifs alors qu’ici ils sont prêts à aménager les dates d’examens pour tenir compte des compétitions et des éventuels décalages horaires. Les emplois du temps sont également plus flexibles dès lors il devient plus facile de jumeler horaires d’entraînements et de cours. »

La chance de Kevin réside sans doute dans le fait qu’un an après son arrivée à Québec, sa famille a décidé de le rejoindre. Pas possible alors de se sentir trop éloignés de ses proches. Il avoue cependant qu’il a toujours besoin de se rendre régulièrement en France pour se ressourcer (et retrouver sa petite amie). « J’ai la chance d’appartenir à deux clubs de natation, un au Québec et l’autre en France », souligne le jeune homme qui s’entraîne sérieusement dans l’objectif d’être sélectionné pour participer aux Jeux olympiques d’été de 2016 à Rio. Il partage donc son temps entre ses études et ses entrainements au Québec et certaines compétitions en France.

Après avoir obtenu un diplôme en kinésiologie, Kevin Deret étudie désormais en administration des affaires. Une opportunité qu’il n’aurait selon lui pas pu saisir en France. « Il est très fréquent de voir des personnes au Québec changer de cursus universitaire ou de métier après quelques années. Certains exercent même plusieurs professions en même temps ». Ce cumul des emplois a selon lui un côté très stimulant. « En France, on a l’impression d’étudier dans un domaine dans le but unique de décrocher un emploi qu’on occupera toute sa vie. Ici, tout est possible. On peut changer au gré de ses envies puisque le taux de chômage est faible et que trouver un emploi est relativement facile. »

Pourtant étudier au Québec est loin d’être de tout repos. « Les étudiants se battent pour obtenir les meilleurs résultats possibles qui leur permettront de décrocher éventuellement des bourses. Ils passent leurs journées à hanter les bibliothèques et se donnent à fond. » Pas facile donc de se faire des amis. Car s’il y a une chose que Kevin regrette c’est peut-être de ne pas connaître suffisamment de Québécois. « J’ai l’impression que les Québécois, s’ils sont accueillants en apparence, permettent rarement à des personnes venues de l’extérieur de faire partie de leur cercle de proches. Ce n’est donc pas facile de se faire accepter et il faut passer beaucoup de temps à essayer d’organiser des choses. » D’ailleurs, si Kevin Deret avait un conseil à donner aux nouveaux arrivants ce serait de s’adapter le plus possible aux mœurs québécoises. « En gros, il faut regarder les games de hockey et laisser tomber le football », lance-t-il dans un éclat de rire.

Une question sur l’immigration…

-  Quel conseil donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

« J’ai connu beaucoup de Français qui sont retournés en France aussi rapidement qu’ils étaient arrivés. Lorsqu’on arrive au Québec, il faut accepter de passer beaucoup de temps à créer des liens avec des Québécois, faute de quoi on va finir par se retrouver entouré de Français qui ne connaissent pas plus le Québec que nous. Cela demande un effort mais cela vaut le coup de laisser un bout de sa culture derrière soi afin d’apprivoiser celle du Québec qui est désormais la nôtre. »

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publié le 02/12/2013

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