Le Portrait du mois… Manon Gruaz

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Crédit photo : Geneviève LeSieur Photo

Originaire de Haute-Savoie, Manon Gruaz, 31 ans, a fait des études en design graphique à Paris avant de s’installer à Québec il y a six ans. " C’est un stage de six mois dans une agence de Québec qui m’a amené ici. A la fin de celui-ci, les patrons m’ont indiqué que si je voulais revenir une fois mon diplôme en poche, ils s’occuperaient de toutes les démarches d’immigration." Une opportunité que cette amoureuse de nouvelles aventures n’a pas déclinée. "C’était une opportunité à saisir alors même si j’avais envie de partir encore plus loin, j’ai sauté dessus."

Un choix qu’elle ne regrette absolument pas six ans plus tard. "J’ai changé de boîte et je travaille désormais avec Google, mon rêve. J’ai professionnellement beaucoup de responsabilités et puis j’ai rencontré des gens formidables, que ce soit au boulot, chez Arcbees, ou en dehors."

Si Manon reconnaît avoir peu d’amis, ceux qu’elle s’est choisi lui sont extrêmement précieux. "C’est super difficile de se faire des amis ici. Ils se connaissent tous depuis qu’ils sont enfants et ne voient nullement l’intérêt de faire entrer une nouvelle personne dans leur vie." Elle a néanmoins tissé des liens très forts avec quelques québécois tout en conservant toujours des liens amicaux très fort en France. Ne lui reste plus qu’à trouver l’Amour. Seul dossier pour lequel elle avoue être un peu perdue. "Je ne comprends pas comment fonctionnent les relations amoureuses au Québec. Il n’y pas de romantisme et c’est quelque chose qui me manque énormément."

Rien cependant pour l’abattre : Manon entreprend dans quelques semaines un voyage de plusieurs mois qui la mènera en Islande, en Allemagne, au Portugal, en Italie, à San Francisco et au Costa Rica. "Je ne pars pas parce que je n’aime pas Québec, mais parce que c’est le bon moment - je n’ai pas d’attache sentimentale, pas de famille, pas d’enfant - et je peux me le permettre." Elle prévoie de travailler tout en voyageant. Un luxe. "Je pars avec mon ordinateur et je vais pouvoir bosser selon mon propre horaire en ayant seulement à respecter quelques contraintes : heures des rendez-vous et des réunions." Il y’a pire…

Si elle estime qu’elle aurait pu avoir le même genre de parcours ailleurs dans le monde, Manon croit que cela n’aurait sans doute pas été possible en France. Dire : « je suis heureuse » est quelque chose qui a tout son sens aujourd’hui pour Manon. Elle ne souhaite d’ailleurs jamais retourner en France, persuadée qu’il n’y a rien là-bas pour elle. Quand elle imagine son avenir, Manon se voit travailler chez Google, installée dans une maison au bord de la mer avec un merveilleux mari et une planche de surf. En attendant, elle profite pleinement de sa vie à Québec et dans le reste du monde.

-  Quel conseil donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

"Ne te crois surtout pas en terrain conquis. Prends ton trou, observes, regardes comment tout fonctionne et, ensuite, vois comment, toi, tu peux apporter des choses nouvelles dans ton milieu. Car oui, on a plein de choses à apporter, mais il faut tout d’abord comprendre comment la société d’ici fonctionne. Ce n’est pas parce que c’est la même langue, que c’est pareil. Beaucoup de choses sont différentes, surtout en milieu de travail. La clé ? S’intégrer, s’adapter pour mieux révolutionner ! :D"

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publié le 23/01/2015

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