Le Portrait du mois... Manu Lerendu

Manu Lerendu : La reconnaissance des diplômes et de l’enseignement, un problème de taille

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Manu Lerendu, 23 ans, est l’un de ses nombreux jeunes Français venu au Québec pour suivre une formation dans un Cégep. Originaire de Caen, il a suivi trois ans de formation en ébénisterie. Après avoir un obtenu un baccalauréat professionnel en France, il se dit qu’il est temps pour lui de changer de paysage, d’assouvir son désir de liberté et de réaliser son rêve d’enfance : aller à la découverte de Québec, pays du hockey et nouvelle France.

Il prépare son départ en cherchant une formation en ébénisterie et découvre les Collèges d’enseignement général et professionnel (Cégep) qui peuvent lui assurer une formation de qualité. « Lorsque je suis arrivé à Québec, j’ai été incroyablement bien accueilli par un couple dont je vais devenir le colocataire, explique le jeune homme. Ils sont venus me chercher à l’aéroport et si aujourd’hui nous ne vivons plus ensemble car ils ont eu une petite fille, ils restent de très proches amis. »

En découvrant le Cégep de Limoilou, où il commence sa formation, Manu réalise qu’il est loin d’être le seul Français à avoir eu la même idée. Plus de 30 % des élèves sont en effet originaires de l’Hexagone ou des départements d’Outre-Mer. Lors des premières semaines de cours, il est d’abord très déçu par l’enseignement offert : « J’étais persuadé que les enseignants allaient immédiatement rentrer dans le vif du sujet en proposant une formation poussée et, finalement, j’ai passé un an à refaire tout ce que j’avais déjà vu en France, sans jamais toucher un morceau de bois. J’ai même été obligé de prendre des cours de français niveau 0… »

Le problème de l’équivalence des diplômes français et québécois est selon lui à l’origine de sa déconvenue. « J’ai du reprendre des cours avec la sensation de perdre mon temps », regrette-t-il. Depuis, il reconnaît néanmoins que le vent a tourné. « En deuxième année de Cégep, nous avons enfin commencé à travailler le bois et j’ai découvert un tout autre monde. Alors qu’en France les formations en ébénisterie sont très traditionnelles, on y fait des copies de meubles Louis XV ou Louis XVI, ici, la formation offert en métier d’art offre des cours de tronc commun (idée et concept, marketing, ect.) et permet donc aux étudiants de différentes spécialités d’échanger entre eux. Cela nous donne accès à une grande mixité dans les œuvres et cela favorise les collaborations entre des artistes venant de différents horizons. On peut ainsi échanger nos savoir-faire et travailler à plusieurs sur des pièces de bois pour en faire des œuvres absolument uniques du fait des mélanges de matériaux. »

Résultat de mixage, Manu Lerendu n’a pour le moment pas l’intention de rentrer en France et confie envisager chaque jour un peu plus de faire une demande résidence permanente pour pouvoir rester à la fin de son Cégep.

Pour découvrir le travail de Manu Lerendu sur OKOPO :
https://www.facebook.com/pages/OKOPO/225611887511086?fref=ts

Une question sur l’immigration…

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

« Le plus important est de persévérer et d’être à jour dans les démarches administratives aussi pénibles soient-elles, car elles ouvrent les portes à une formidable expérience culturelle. »

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publié le 15/07/2013

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