Le Portrait du mois... Marin Letenneur (septembre 2010)

Le vent dans les voiles

En 1993, âgé de 22 ans, Marin Letenneur décide de lever les voiles. Il quitte sa Normandie natale, direction le Québec. « Mon frère, Nicolas, avait ce rêve et c’’est sur un malentendu que je l’’ai suivi : la personne chargée des dossiers d’’immigration pour le Québec a cru que je souhaitais moi aussi m’’envoler pour la Belle province. En réalité, j’’étais simplement venu l’’accompagner car j’’étais disponible ce jour là. » Le destin prend sa vie en main et Marin se laisse porter.

Arrivé à Québec, les frères Letenneur se lancent en affaires et ouvrent un petit commerce de repas préparés. Le succès est immédiat mais ils réalisent rapidement qu’’ils ne trouvent pas toujours de produits de choix pour concocter des petits plats aussi bons que ceux qu’’ils ont pu voir défiler sous leur yeux au Ritz ou au Crillon pour lesquels ils ont travaillé pendant leurs expériences parisiennes. « On s’’est mis à produire notre propre saumon fumé. Certains de nos clients étaient tellement intéressés que nous avons décidé de nous spécialiser. » En décembre 1994, les saumons de La Fée des grèves apparaissent sur les étals. Depuis, la production dans leur fumoir n’’a jamais cessé d’’augmenter.

S’’il regrette de ne pas avoir opté pour un nom d’’entreprise plus facile à prononcer en anglais, Marin Letenneur reconnaît que la french touch de son produit participe à son succès. « La fée des grèves » est le nom d’’un petit bateau à la coque rouge et blanche qui appartenait à un ami de nos grands-parents. Quand nous passions nos vacances sur les Îles Chausey on l’’admirait et les promesses de voyages qu’’il nous inspirait nous faisaient rêver. »

Aujourd’’hui, les deux frères sont à la tête d’’une entreprise qui génère un chiffre d’’affaires annuel de 4,5 millions de dollars. Leur fumoir accueille chaque jour plus d’’une tonne de saumons d’’élevage provenant du Nouveau-Brunswick, du Chili ou de Norvège ainsi que du saumon biologique irlandais. S’’ils espèrent prospérer, les Letenneur ne veulent pas aller trop vite pour ne pas emballer la machine.

Leur avenir ? Marin Letenneur et sa femme, Jasmine, ne savent pas encore où il se trouve. Un univers de possibilités s’’offre à eux. « A partir du moment où on se déracine, le monde devient plus petit, explique Marin. Tout est possible. La seule chose qui change aujourd’’hui la donne, se sont nos deux enfants. Nous irons là où ils seront. La grande question est donc de savoir si Nils, 7 ans, et Victoire, 10 ans, auront comme leurs parents des envies d’’ailleurs. »

En attendant, Marin Letenneur ne regrette pas son expatriation québécoise. « Aucun banquier français n’’aurait accepté de nous aider financièrement lorsque nous avons décidé de nous lancer à l’âge de 22 ans et sans moyen financier personnel. L’’avantage du Québec, c’’est que tout est plus abordable. C’’est une société agréable et tranquille dans laquelle on peut atteindre tout le monde tant politique que privé si on en éprouve l’envie ou le besoin. »

Yasmine Berthou

Deux questions sur l’immigration...

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?
- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

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publié le 30/11/2011

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