Le Portrait du mois… Mylène Dory Bazot

Le Québec a changé la vie de Mylène Dory Bazot, 31 ans, mariée et maman de quatre enfants (trois nés en France et la dernière au Québec). Ancienne directrice Marketing et gestionnaire de projet informatique, la jeune femme originaire d’Aubagne est en effet devenue savonnière et aromathérapeute. Désormais, elle invente et fabrique des savons et soins corporels pour les peaux sensibles ainsi que des produits d’ambiance tout en proposant des ateliers conférences à Québec.

JPEG Il y a cinq ans, Mylène Dory Bazot et son mari décident de quitter la France et de repartir à zéro. "Nous avons vendus tous nos biens et nous sommes arrivés au Québec avec trois enfants, cinq valises, une maison réservée par Internet et des rêves pleins la tête ! Une grande aventure et gros changement de climat par rapport à Marseille, mais nous nous étions préparés pendant plus de deux ans avant de venir donc notre immigration à été facilité. Nous avions aussi des contacts sur place qui ont pu répondre à nos nombreuses questions."

À leur arrivée, tout est allé très vite : installation, emplois. etc. "Les gens ont été très accueillants et nous ont prodigué de nombreux conseils. Car, même si nous étions préparés, il y avait des situations auxquelles nous n’avions pas pensé."

Mylène Dory Bazot a rapidement trouvé un emploi dans son domaine de compétences mais la vie en a décidé autrement.. "Quelques mois après notre arrivée, nous avons découvert que notre deuxième enfant Owen était gravement malade. Il est atteint de plusieurs maladies génétiques orphelines qui ne font leur apparition qu’après l’âge de cinq ans. Nous avons failli le perdre à plusieurs reprises et nous continuons de nous battre à ses côtés alors que nous sommes projetés dans un système de santé que nous ne connaissons pas." Une expérience difficile.

"C’est pour lui que j’ai effectué un virage au vert, confie Mylène Dory Bazot. Sa peau ne supportait plus aucun produit toxique. Ayant une âme écolo et tambouillant déjà au savon de Marseille, tout en ayant grandit en contact avec les médecines douces, j’ai commencé à faire des premiers savons et soins avec une grande réussite ! A mon niveau j’étais enfin capable d’aider mon fils !"

Elle se découvre alors une véritable passion pour la savonnerie et l’aromathérapie. Elle lit et apprend sans relâche, ne comptant plus les heures…Leurs amis et collègues testent les produits de Mylène et l’encouragent à franchir une nouvelle étape. Elle hésite. Les évènements prennent cependant une nouvelle tournure après sa dernière grossesse : Owen est victime d’un accident de la route. Traumatisé crânien, il doit cesser l’école pour se rétablir. Alors qu’elle veille sur son petit garçon, Mylène Dory Bazot apprend son licenciement. Elle décide alors de se lancer en affaires et de créer Peaux d’Ange afin de vendre ses créations en ligne sur Internet. "C’est ce qui m’a permis de tenir le choc face à tout ce qui nous arrivait. De plus en plus de gens s’intéressaient à nos produits et continuaient de nous encourager." L’entreprise Peaux d’ange nait.

Dans le même temps, elle fait certifier ses connaissances en aromathérapie afin de pouvoir aider au mieux son fils dans son combat, grâce aux huiles essentielles, mais aussi pour pouvoir transmettre aux autres un petit bout de réconfort. "C’est tout une philosophie que je voulais partager. C’était aussi important pour moi que pour toute la famille. Chacun a donc mis la main à la pâte, pour fabriquer, apprendre et transmettre ce savoir-faire bon pour les Hommes et pour l’environnement !"

JPEG "J’ai commencé à donner des ateliers dans les écoles et je suis devenue membre de la Chambre de commerce Française et de la Fédération Canadienne des Savonniers, fabricants de cosmétiques et chandeliers. Petit à petit, nous avons élaboré des recettes pour remplacer les produits chimiques et toxiques de notre maison et sortir de la sphère de la grande consommation. J’avais envie d’aller plus loin, et le destin nous a envoyé un autre signe…" La nuit du 3 décembre 2014, un incendie s’est déclaré à l’extérieur de leur maison et c’est Owen qui a donné l’alerte, sauvant du même coup toute sa famille. "

"Ce qui a été magique dans cette tragédie, c’est la générosité des gens, même ceux que nous ne connaissions pas, qui nous ont aidés, soutenus en nous donnant des vêtements et en nous aidant à retrouver un logement. C’était juste incroyable de voir un tel sentiment de solidarité dans notre Village de Stoneham. Partout on nous proposait de l’aide !"

"Fin décembre, il nous a fallu prendre une décision pour Peaux d’Ange, mon atelier et mes produits n’ayant pas brûlés nous avions deux options : tout abandonner ou aller de l’avant une fois de plus. Portés par tous, nous avons finalement choisi d’ouvrir un atelier-boutique à Charlesbourg. Inauguré en février, ce lieu va nous permettre de partager notre monde de douceur avec le plus grand nombre !"

"Nous voulons faire de notre petite boutique, un endroit où chacun se sentira le bienvenue. Où les enfants rares, différents, zèbres et autres seront acceptés tels qu’ils sont. Un endroit ou le jugement n’aura pas sa place. Où le consommateur apprendra à décoder les étiquettes des produits cosmétiques. Il sera aiguillé pour faire ses propres choix en fonction de ses besoins et deviendra un consommateur averti. Au printemps, nous proposerons des conférences sur le bien être et des ateliers pour adultes. De plus, d’ici la fin de l’année, un cabinet de consultation d’aromathérapie certifié ouvrira au sein de la boutique."

" Nous fabriquons des savons originaux aux allures de pâtisseries, des chandelles en forme de tartes, des produits d’ambiance et d’aromathérapie. Je continue d’apprendre sans cesse pour offrir des nouveaux produits. Nous travaillons aussi avec des producteurs locaux pour favoriser des produits d’ici et puis mes créations s’adaptent au fil des saisons. Si vous cherchez un peu de douceur, venez nous voir pour que nous partagions avec vous notre monde de bulles !"

-  Quel conseil donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

"Nous avons choisi de voir tout ce qui nous arrivait comme une opportunité. Pour ceux qui voudraient venir, comme nous au Québec, je leur dirai simplement que l’immigration ne c’est pas simple. Il ne faut pas idéaliser ce pays qui a aussi ses défauts. Mais, si c’est votre choix et que vous en êtes convaincus, alors foncez pour ne pas avoir de regrets ! Préparez-vous. Informez-vous. N’ayez pas peur de poser des questions. Soyez humbles et soyez prêts à apprendre. Ce qui est extraordinaire ici c’est la facilité avec laquelle il est possible de changer de carrière à n’importe quel moment de votre vie ! Il n’est pas rare de voir des adultes de 40 ou 50 ans retourner à l’école ou suivre une autre formation. Et puis, dites vous que si, finalement, cela ne vous correspond pas, ce n’est pas un échec mais plutôt une expérience qui vous aura fait grandir."

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publié le 09/03/2015

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