Le Portrait du mois... Olivia Wu (février 2012)

Olivia Wu : « Le fait de venir d’ailleurs m’a permis de saisir combien le Québec était une terre de possibilités »

JPEG Olivia Wu, 32 ans, est née française à Madagascar, dans une famille qui avait fuit la Chine au moment de l’invasion japonaise. Ses parents avaient acquis la nationalité française alors que leur île était encore une colonie française. A 18 ans, après avoir fait toute sa scolarité au Lycée français de Tananarive, elle choisit le Québec pour faire ses études.

« A 18 ans, quand on sort du Lycée français à Madagascar, on a généralement le choix entre entreprendre des études en France ou à La Réunion. J’ai opté pour le Québec. » Olivia ignore alors encore tout de ce qui l’attend et découvre avec surprise un autre univers. « Arrivée à Montréal, j’ai eu beaucoup de mal à m’adapter au système universitaire, même s’il était bien encadré. Je venais d’une petite île au chaud où les buildings n’existent pas et j’ai découvert un tout autre monde fait de contrastes. »

Rattachée à la France par la langue et l’enseignement

Pour devenir Canadienne, Olivia a fait le choix d’abandonner sa nationalité malgache afin de conserver sa nationalité française. « C’est important pour moi d’avoir un passeport français. J’ai un lien affectif très fort avec la France. En grande partie parce que les professeurs qui ont forgé ce que je suis devenue étaient Français. » Après 15 années passées au Québec, elle estime y avoir fait sa place : elle travaille dans la fonction publique et son « chum » est québécois de souche.

« Il existe au Québec une politique de discrimination positive qui a pu favoriser mon entrée sur le marché du travail. Même si cette politique existe, je crois que les mentalités doivent encore évoluer : je suis souvent la seule à avoir une autre couleur de peau et je constate que les gens ne sont pas encore habitués à la présence de personnes issues des communautés culturelles. Parfois, j’ai la sensation que certains m’en veulent parce que j’ai pu bénéficier de cette politique et cela me rend mal à l’aise. » Olivia espère néanmoins que c’est davantage pour ses compétences que pour sa différence qu’elle a été recrutée. Ce d’autant qu’elle considère que sa pigmentation ne lui a jamais donné d’avantages.

Si Olivia a choisi de vivre au Québec un peu par hasard, elle réalise désormais que les valeurs de cette société lui correspondent. Le fait de venir d’ailleurs lui a permis de saisir combien le Québec était une terre de possibilités. « Aujourd’hui, je vis le moment présent sans me demander vers quel ailleurs demain pourrait m’emmener car tout est possible. Je profite donc de chaque jour qui passe. » C’est sans doute ce que l’on appelle le bonheur.

Yasmine Berthou

Deux questions sur l’immigration…

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

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publié le 12/03/2012

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