Le Portrait du mois... Stéphane Lapeyre (février 2013)

Stéphane Lapeyre : le bien-être avant tout

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A 38 ans, Stéphane Lapeyre est un homme accompli et cela se voit. Entraîneur sportif à l’Auberge Saint-Antoine de Québec, il offre un accompagnement personnalisé à tous ceux qui se réveillent un beau matin avec l’envie de renouer avec le bien-être et une meilleure hygiène de vie.

A l’origine, Stéphane était sportif de haut niveau dans le domaine du football et a joué dans plusieurs clubs français. Malheureusement, des blessures successives le contraignent à mettre prématurément un terme à sa carrière de footballeur et il s’oriente, dès lors, vers des études universitaires en lien avec le monde du sport qui demeure sa passion. Quelques années plus tard, il obtient son diplôme en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) et achète un club de remise en forme à Chambéry.

Cependant, il se heurte très tôt à diverses difficultés dans ses démarches d’entrepreneur, que ce soit au niveau administratif ou financier. Il a la désagréable impression que rien n’est fait pour lui faciliter la tâche et qu’il passe une bonne partie de son temps à batailler pour venir à bout de la paperasse. Aujourd’hui encore, il conserve une certaine amertume à l’égard de cette période de sa vie : « C’est très difficile d’être entrepreneur, même quand tu as un vrai projet. En plus, en France, on n’encourage pas la réussite, c’est mal de réussir. Avec ma femme, on avait vraiment envie de partir, d’autant plus qu’on adore voyager ».

Ils font alors leurs valises pour aller s’installer au Québec. En effet, sa femme y a obtenu un permis de travail et s’est vu rapidement offrir un emploi. Cette situation lui permet, à lui aussi, d’obtenir en quelques mois un permis de travail « ouvert ». Même s’il dit avoir d’abord éprouvé quelques difficultés en ce qui concerne la reconnaissance de ses diplômes français, il parvient à travailler dans un gym classique. Mais là encore c’est une déconvenue : l’esprit « business » du gym ne correspond pas à sa vision du sport et du bien-être physique.

C’est en parlant avec un de ses collègues québécois, Pierre Hugues Geoffroy, qu’il s’aperçoit que leurs points de vue convergent : ils décident de quitter le club et de créer leur propre concept qui met davantage l’accent sur la reconquête de l’énergie et le bien-être que sur la seule performance physique déconnectée de la réalité subjective propre à chaque individu. Inspiré par les formations novatrices qu’il a suivies en Californie, il veut instaurer une prise en charge globale de la personne en évaluant en premier lieu son niveau de stress, sa condition physique ou encore ses habitudes alimentaires pour mettre en place, avec elle, un programme d’entraînement adapté à ses besoins et ses attentes.

Néanmoins, les débuts ne furent pas absolument simples : Stéphane a dû compter sur le bouche à oreille, il s’est déplacé à domicile, etc. Mais c’est sans hésitation qu’il affirme qu’il est beaucoup plus facile d’être entrepreneur autonome au Québec qu’en France : « Ce n’est pas vraiment que les gens sont plus ouverts ici. Au contraire, le secteur du bien-être et des gyms est plutôt un monde fermé, avec une vision des choses bien arrêtée. Mais quand tu décides d’être travailleur autonome, les procédures sont claires, faciles à comprendre ». Il démarche l’Auberge Saint-Antoine et c’est enfin la concrétisation de ses efforts. Cela fait maintenant cinq mois qu’il y donne des entraînements personnalisés.

Pour ce qui est de sa vie au Québec, Stéphane se sent parfaitement intégré même s’il se rappelle qu’il a eu le sentiment de perdre ses repères la première année. « La francophonie, c’est finalement quelque chose d’assez large. On parle la même langue, mais il y a une différence de culture ». Les premiers contacts ne furent pas toujours faciles, mais peu à peu il est parvenu à se créer un groupe de véritables amis et un large réseau professionnel.

Quand on lui demande, enfin, s’il conserve une certaine nostalgie de la France, sa réponse est sans appel : « Je ne suis pas du tout nostalgique et je ne regrette rien. Québec est une très belle ville qui bouge beaucoup, mais qui offre aussi une très bonne qualité de vie. Ce qui me manque peut-être de la France, ce sont les marchés et le printemps. Mais je suis vraiment heureux à Québec ».

Hélène Riss

Une question sur l’immigration…

- Quel conseil donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

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Photo Vanessa Viera

publié le 12/03/2013

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