Le Portrait du mois... Vladimir Krementzoff

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" Tout a commencé en 2007, à Paris. Je fatigue, je déprime, alors pour faire face, je décide de réaliser un rêve vieux de dix ans : m’acheter une Ford Mustang. L’auto n’étant pas importée officiellement en Europe, j’ai le choix entre plusieurs vendeurs, et le plus intéressant était un français installé à Victoriaville.

Je reçois mon auto au Havre, et chose intéressante ; je roule en immatriculation québécoise pendant les quatre mois règlementaires. Les gens dans la rue étaient étonnés de voir une voiture immatriculée au Québec en Europe, au point qu’un Suédois m’a demandé pendant que je faisais le plein à quelques 100km de Stockholm si je venais ’vraiment’ du Québec.

Sans doute tout cela était déjà un signe, alors que je ne savais même pas que je m’installerais au Québec.

Un an plus tard, le vendeur de la voiture m’invite à Victoriaville. C’est ma première visite au Canada. Pour être honnête, ça n’a pas été le coup de foudre, mais pas si mal non plus.

J’ai été convaincu - j’étais déjà tenté de m’installer en Amérique du Nord - , et j’ai fait ma demande de résidence permanente… pour voir…

Le traitement de la demande a été exceptionnellement rapide, à peine plus de 4 mois. Visiblement, les profils d’ingénieurs dans le secteur de l’aéronautique sont très recherchés.

Ça m’a surpris et m’a motivé, j’ai donc contacté la section internationale de l’ANPE (Pôle Emploi) pour qu’ils me guident dans mes recherches. Grâce à eux, j’obtiens une invitation à une rencontre qu’organisait Citoyenneté et Immigration Canada avec les provinces/territoire et les employeurs dans les grandes villes francophones.

C’est là que je décroche mon premier emploi à Québec. Mon employeur français m’a alors laissé la possibilité de prendre une année sabbatique pour voir si je me plairais au Québec (toujours avoir un plan B), ou si je retournerais en France, au même poste.

Nous sommes en Juin 2009, et je débarque à Québec et me retrouve du jour au lendemain dans un pays… en fait, c’est très étrange : quand on regarde les images, c’est l’Amérique du Nord, c’est comme dans les séries américaines que l’on voit à la TV… sauf que tout est écrit en français (ce qui ajoute à l’étrangeté).

Un an plus tard j’annonçais à mon employeur français - avec qui je suis en très bons termes - que je ne reviendrai pas.

J’ai maintenant une maison avec un grand jardin, une famille et de nouveaux amis et… du temps !

Après avoir travaillé cinq ans dans l’administration et l’assurance, je reviens à mes premières amours, l’aéronautique, et cerise sur le gâteau, dans la région de Québec.

Cette année, j’ai passé l’examen de citoyenneté canadienne, ma femme le passera l’année prochaine.

À noter que pour ma femme qui n’est pas française, il est plus facile pour nous de vivre au Canada que pour moi d’obtenir un visa permanent et un emploi dans son pays, et pour elle d’avoir à renouveler sa carte de séjour tous les ans avec tous les tracas et l’incertitude que cela comporte. Au Canada, de ce point de vu, nous sommes sereins grâce à notre visa permanent. "

-  Quel conseil donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer au Québec ?

" Pour ce qui est du conseil... c’est si vous ne savez pas cuisinez, apprenez, parce que la gastronomie canadienne n’est pas très variée.

Plus sérieusement, changer de continent, c’est une façon de remettre les compteurs à zéro, de commencer une nouvelle vie ; alors il faut jouer le jeu à fond, et en profiter pour faire ce que l’on n’a pas fait, ou pas osé faire en France, que ce soit reprendre des études, se lancer dans une nouvelle activité, de nouveaux loisirs, d’autant que les conditions de vie au Québec le permettent."

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publié le 27/08/2014

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