Le portrait du mois... Cendrine Chénel (novembre 2011)

Cendrine Chénel : "Je me sens aussi Québécoise que Française, autant Nord-Américaine qu’’Européenne"

JPEG« Derrière la Péteuse de Broue se cache une Française, et, pire encore, imaginez-vous, une Française consultante en étiquette et en protocole, c’’est-à-dire qui offre des conseils, recommande, oriente, ose dire simplement ce qui serait plus convenable pour que les relations entre êtres humains soient plus agréables et respectueuses. Je suis patiente, polie, très polie, et ouverte d’’esprit, mais, lorsqu’’on me dit ou qu’’on me laisse entendre, pour la énième fois, que je viens donner des leçons de politesse aux Québécois parce que je suis Française et que je considérerais qu’’ils ont moins de manières que les Européens, je deviens hors de moi et je réagis. » Cendrine Chénel est la Péteuse de Broue et elle n’’a pas sa langue dans sa poche. « Je m’’amuse à être celle qui va dire à voix haute ce que bien des Québécois pensent sans jamais oser le faire et qu’’ils m’’écrivent en secret. »

Arrivée à Québec avec sa mère alors qu’’elle a 18 ans et qu’’elle entame des études en enseignement à l’’Université Laval, cette Parisienne de naissance, dont la mère est Algérienne, et qui a longtemps vécu à Bordeaux, y rencontre l’’homme de sa vie. Ce dernier, fonctionnaire dans le milieu des relations internationales la remmène en Europe, en France et en Allemagne pendant plusieurs années. « On le dit souvent « qui prend mari prend pays » et ce fut mon cas », lance-t-elle dans un éclat de rire. Lorsque la famille revient au Québec en 2008, Cendrine Chénel travaille au département des événements spéciaux pour les dignitaires à l’’occasion du XIIe Sommet de la Francophonie. Elle devient ensuite directrice de production pour une émission de télévision. Mais son « truc » ce sont les règles de savoir vivre, le civisme et le respect. En 2009, en moins de dix jours, elle créé Ars Vivendi qui, comme son nom l’’indique, propose des services sur l’’art de vivre. « Il a alors fallu que je créé à nouveau tout un réseau, ce qui n’’a pas été chose aisée, mais j’’ai pris mon mal en patience et j’’ai fini par récolter ce que j’’avais semé. »

Désormais, les services qu’’elle propose sont très diversifiés. « Je travaille avec des entreprises soucieuses d’’adopter le comportement adéquat, le bon geste au bon moment lorsqu’’elles se diversifient à l’’étranger et qu’’elles désirent connaître la culture de leur partenaire d’’affaires ; avec les entreprises d’’ici qui désirent améliorer leur service et leur image en maîtrisant l’’étiquette des affaires ; avec M. Tout le monde qui veut apprendre à recevoir en grand et puis j’’écris des livres sur les bonnes manières publiés aux Éditions La Presse. Mon travail c’’est ma passion, ma philosophie de vie. »

Cendrine Chénel a aussi été la co-organisatrice du premier Dîner en Blanc de Québec. Cette manifestation conviviale et raffinée a vu le jour il y a 23 ans à Paris et elle a voulu l’’importer à Québec. Évènement chic et élégant, ce pique-nique géant a réuni près de 900 personnes devant la Gare du Palais le 18 août dernier alors que les invités ignoraient encore tout du lieu du rassemblement quelques minutes avant d’’arriver sur place. Un succès phénoménal.

Quelles sont à ses yeux les clés de la réussite ? La passion, la confiance et l’’ouverture d’’esprit. « Québec est une ville francophone avec une mentalité nord-américaine et il ne faut surtout pas essayer de passer outre cette réalité », prévient-elle. La seule chose que Cendrine Chénel trouve difficile c’’est finalement de savoir que, malgré le temps qui passe, elle restera toujours Française aux yeux des Québécois. « Quoi que je fasse, je resterai Française. Je le sais et j’’ai un accent qui ne peut pas trahir mais j’’aimerais ne plus sentir au quotidien cette différence car, après tant d’’années, je me sens aussi Québécoise que Française, autant Nord-Américaine qu’’Européenne… »

Yasmine Berthou

Deux questions sur l’’immigration…

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’’installer au Québec ?

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publié le 30/11/2011

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