Le portrait du mois... Didier Martens

JPEG Didier Martens passe ses nuits, été comme hiver, sous les étoiles. Par choix. Une idée qui pourrait paraître saugrenue à certains mais qui est l’entraînement "normal" pour sa prochaine aventure : la traversée hivernale du Canada pour relier l’Alaska. Départ prévu fin 2015.

Il y a 27 ans, Didier Martens, qui est alors chef de cuisine en France, quitte l’Hexagone pour s’installer à Québec. Il n’a alors aucune connaissance de son pays d’adoption et ignore tout de ce qui l’attend. "J’ai eu la chance de rencontrer dès mon arrivée Jean-marc Bass, alors chef propriétaire du Café de paris à Québec qui, le lendemain de mon arrivée, m’a trouvé un travail dans un autre restaurant bien connu de la ville : le Graffiti." Une opportunité extraordinaire qui a permis à notre homme d’occuper un emploi et de le garder plusieurs années. "Ce qui était pour moi un exploit", confie Didier Martens qui a toujours eu la bougeotte et la volonté de découvrir le plus de facettes possible de la restauration. C’est d’ailleurs grâce à ses connaissance et à sa curiosité culinaire, qu’il a pu se faire une place dans un milieu ou la compétition était et demeure toujours féroce.

Si Didier Martens a passé beaucoup de temps en cuisine, il n’est cependant jamais resté très longtemps éloigné de la nature et de la montagne. Il a ainsi escaladé à plusieurs reprises le Mont-Blanc, en été comme en hiver, puis les Aiguilles Vertes (dans les Alpes, au-dessus de Chamonix) ainsi que plusieurs autres sommets d’Europe.

Il y a cinq ans, il a néanmoins choisi un autre terrain de jeu en entreprenant une première traversée Canada-Alaska, en voiture et à pieds. Le but ? Faire du repérage pour une deuxième expédition qui devrait l’emmener en 2016 ver les territoires du Nord. "Je suis à l’aube de mes 56 ans et le cuisinier, aventurier et photographe que je suis sent plus que jamais l’appel du Nord."

À quelques mois du départ, il a des fourmis dans les jambes et attend avec impatience la fin 2015 pour se lancer dans une expérience morale et physique hors norme. "Ce sera une petite balade de santé de 10 à 14.000 kilomètres à travers tout le Canada, à pieds et avec six chiens de traîneau, sur une période de six mois au coeur de l’hiver."

C’est pour cette raison que, depuis deux ans, il passe ses hivers à dormir dehors malgré des températures qui avoisinent les moins 20 degrés Celsius, et qu’il s’entraîne de 3 à 4 heures par jour, quelle que soit la température. Il a également changé son régime alimentaire, qui atteint une moyenne de 6000 calories par jour, pour faire face aux températures extrêmes.

Sa motivation ? Démontrer que tous les rêves sont accessibles et donner envie à d’autres personnes de réaliser les leurs. "Notre vie est un monde de possibilités et chacun est libre de tracer son chemin comme il l’entend, explique-t-il. J’ai décidé de suivre le destin que je me suis choisi, afin de vivre des expériences uniques et de traverser les lieux majestueux, histoire de ne jamais avoir à regretter les choix que je n’aurais pas faits…"

Didier Martens ignore ce que lui réservera cette aventure vers des terres et des paysages inconnus. Il promet juste de se laisser guider par les vents. "Cette nouvelle expérience de vie me fera sans aucun doute grandir chaque jour un peu plus et surtout elle m’obligera à dépasser mes limites." En réalité, sa seule certitude aujourd’hui : "Cette traversée du Grand Nord Canadien est l’une des plus majestueuses mais aussi des plus dangereuses." Aucune erreur ne lui sera donc permise.

publié le 14/09/2015

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