Le portrait du mois... Emmanuel Descoutieras (mars 2011)

Emmanuel Descoutieras : le cœur en balance

JPEG

Emmanuel Descoutieras, 36 ans, est arrivé au Québec en 1987. Il est alors âgé de 13 ans. « J’’ai suivi ma mère et mon beau-père venus tenter leur chance lorsque la première fonderie d’’art a vu le jour au Québec. » De ses premières années, il se souvient essentiellement du conseil donné par sa mère pour apaiser son chagrin après que ses camarades de classe se soient moqués de son accent méridional. « Elle m’’a suggéré de perdre l’’accent que j’’avais apporté dans mes valises et de parler comme eux. » Il s’’exécute et se « québécoitise » ». A l’’entendre, il est en effet difficile d’’imaginer qu’’il n’’est pas Québécois pure laine et qu’’il a grandi sous le soleil de Cavaillon dans le Sud de la France.

Lui se sent Français de cœur. Il avoue cependant que ses préoccupations sont bien éloignées de son hexagone natal. « Lorsque je suis entouré de Français, je me sens mille et un points communs avec eux mais dès lors que ce sont des Québécois qui se trouvent à mes côtés, j’’ai la sensation d’’être l’’un des leurs. »

A la fin de ses études secondaires, son beau-père lui propose de le seconder dans la fonderie qu’’il a créée et qui reproduit des sculptures en bronze. Une révélation pour Emmanuel Descoutieras qui a aujourd’’hui racheté l’’entreprise familiale installée à Inverness (www.fonderieart.com) et dont les sculptures se retrouvent aux abords de nombreux bâtiments officiels de la Vieille-Capitale. « Alors que le marché de la fonderie d’’art était saturé en France, il y avait au Québec une niche que nous pouvions prendre », se félicite-t-il. Aujourd’’hui, cette fonderie est l’’une des rares à exécuter ce genre de travail.

S’’il est retourné quelques fois en France pour rendre visite à sa famille, l’’artisan n’’a jamais songé s’’y installer. « Y passer des vacances, c’’est super. Y faire sa vie ? Hors de question ! » Une affirmation qui le laisse songeur : s’’il était finalement devenu plus Québécois qu’’il ne l’’avait imaginé ? Sa conjointe québécoise n’’est pas convaincue : elle le trouve plus "vieux jeu" que les Québécois. Dans sa façon d’’envisager la vie de couple, par exemple. Plus terre à terre aussi. « J’ai sans doute un côté un peu vieille France dans les gènes », lance Emmanuel Descoutieras dans un éclat de rire.

La France est en tout cas encore bien présente dans sa vie. Son fils de 16 ans songe à son tour à traverser l’’Atlantique : en sens inverse. « Il me dit régulièrement qu’’il aimerait aller en France pour prendre des cours de cuisine. » Un projet que son père regarde d’’un bon œil. Persuadé que le jeune homme finira par rentrer chez lui : au Québec.

Yasmine Berthou

Deux questions sur l’’immigration…

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’’installer au Québec ?

Cliquez ici pour lire les autres Portraits du mois

publié le 30/11/2011

haut de la page