Le portrait du mois... Franck Fabre (août 2011)

Franck Fabre : boulanger entre deux mondes

JPEGFranck Fabre, 44 ans, c’’est le boulanger de Québec à la Ferrari. Car Franck partage deux passions. Il aime son métier et il adore les belles voitures. Chez les Fabre, la boulangerie est une histoire de famille. « Nous sommes boulangers de père en fils depuis cinq générations », dit-t-il fièrement avec son accent chantant.

A 21 ans, il ouvre sa première boulangerie dans le centre ville de Villeneuve-lès-Maguelone, dans l’’Hérault. « Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsque la rue est devenue piétonne. La boulangerie a perdu des clients et j’’ai réalisé que je n’’atteindrais pas l’’objectif que je m’’étais fixé : poser la première pierre de ma maison à 30 ans. » Franck Fabre décide alors de regarder vers d’’autres horizons. Il s’’intéresse particulièrement au Québec qui constitue à ses yeux le tremplin idéal pour apprendre l’’anglais et se déraciner. Le but ultime étant de s’’installer au Texas. « Mais je n’’ai jamais prononcé un mot d’’anglais, lance-t-il dans un grand éclat de rire. Alors, je suis resté à Québec. »

A son arrivée, en septembre 1998, il trouve un emploi dans une boulangerie de la ville. Il y rencontre celle qui deviendra sa femme, Teresa, qui y est pâtissière. « Je travaillais 80 heures par semaine et j’’avais un bon salaire mais un jour je me suis dit qu’’il était peut-être temps que je vole de mes propres ailes. » Encouragé par Térésa, il s’’installe à son compte et rachète une boutique de pâtissier-traiteur, en 2004, Le Mille Délices, puis une boulangerie, en 2007, « L’’Artisan et la Porteuse de pain ». « Nous avons travaillé sans relâche dans les deux magasins. Nous étions épuisés alors nous avons décidé de vendre la pâtisserie en 2009 et de nous concentrer uniquement sur la boulangerie. »

Si Franck besogne autant, c’’est pour assouvir son amour des belles carrosseries. « Teresa me comprends : je travaille fort pour pouvoir m’’offrir quelques fantaisies. Ce que j’’aime ce sont les belles voitures. » Cette passion lui permet de sortir la tête de la farine. Car Franck Fabre reconnaît vivre dans un microcosme. « Le métier de boulanger, que ce soit en France ou au Québec, est très particulier : nous travaillons les jours de fêtes et quand les gens se reposent. » Cette situation particulière fait en sorte que, treize ans après son arrivée au Québec, le boulanger se trompe encore en donnant rendez-vous à sa fille aînée à Villeneuve-lès-Maguelone alors qu’’elle habite Beauport... « Que voulez-vous, il y a les mêmes petits collines que là-bas, s’’excuse-t-il. Et puis, grâce à Internet, je suis branché toute la nuit sur les radios françaises et je converse chaque jour avec mes parents. » De quoi en perdre le sens de l’’orientation.

Pourtant, Franck Fabre avoue se sentir bien à Québec. « La mentalité des gens est très différente ici, ils sont beaucoup moins stressés et moins jaloux qu’’en France. » Cette vie plus douce au quotidien lui convient. Il préfère néanmoins ne pas penser à l’’avenir. Peut-être celui-ci sera-t-il en France, peut-être au Québec ou encore au Salvador, pays dont est originaire sa femme.

Yasmine Berthou

Deux questions sur l’’immigration…

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’’installer au Québec ?

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publié le 30/11/2011

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