Le portrait du mois... Gwénaëlle Jaudet (décembre 2010)

Gwénaëlle Jaudet : voguer entre deux contrées

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En 2003, après un séjour de huit mois à Québec, Gwénaëlle Jaudet, 24 ans, rentre en France. Elle a obtenu une maîtrise en Sociologie en écrivant un mémoire portant sur l’’intégration et la reconstruction identitaire des immigrants français dans la ville de Québec. « Je suis rentrée en France avec le sentiment que je n’’avais pas vécu mon expérience jusqu’’au bout. »

A peine revenue dans sa Bretagne natale, elle décide de se porter candidate au Programme Vacances- Travail. Mis en place conjointement par la France et le Canada, cet accord bilatéral permet aux Français âgés de 18 à 35 ans de bénéficier d’’un permis ouvert de travail grâce auquel ils peuvent voyager et travailler au Canada pendant une durée maximale d’’un an. En juin 2004, la jeune femme remplit son sac à dos et traverse à nouveau l’’Atlantique. Elle fait ainsi plusieurs fois l’’aller-retour entre le Québec et la France avant d’’obtenir sa Résidence permanente, en novembre 2006, le sésame qui lui ouvre les portes de l’’immigration. Elle attend désormais son certificat de citoyenneté. « Je me dis que tant que je ne serais pas citoyenne canadienne aucun retour en France ne sera envisageable. »

« En France, les gens trouvent que j’’ai un accent québécois marqué. C’’est sans doute vrai mais ce n’’est pas volontaire, et les Québécois reconnaissent toujours mon accent français. Parfois je suis tannée parce que les gens me posent les mêmes questions et me demandent sans cesse d’’où je viens, depuis combien de temps je vis au Québec, ou si je compte m’’y installer définitivement. Je n’’ai ni de honte ni de fierté particulière par rapport à mes origines, mais j’’aimerais ne pas être réduite au simple fait d’’être Française. »

Consultante en immigration, Gwénaëlle Jaudet (www.emigrerauquebec.com) aide désormais ceux qui désirent à leur tour s’’établir dans la province francophone à obtenir leur permis ou visas. Elle les accompagne dans ce long processus, et parfois peut donner quelques conseils sur la façon de réussir son immigration. « Si on reste 100 % Français, c’’est qu’’on ne s’’est pas intégré dans la société québécoise et ça peut être déstabilisant. » Pour sa part, si elle s’’est fait de bons amis Québécois, elle souligne néanmoins l’’avantage de s’’entourer de Français qui ont eux aussi choisi l’’immigration. « Avoir des amis Français, peut être réconfortant. Ils sont eux aussi confrontés à deux cultures. Pendant que nous sommes ici, la société française évolue sans nous et nous nous retrouvons en décalage par rapport à ce que nous avons connu et par rapport à ce que la société est devenue. Ce qui est parfois déroutant. Et puis, en vivant au Québec, notre mentalité évolue. Parce que les relations dans le milieu de travail sont différentes, moins cloisonnées. Parce la pression sociale est moins forte. Alors, on change. Irrémédiablement. »

Yasmine Berthou

Deux questions sur l’’immigration…

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’’installer au Québec ?

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publié le 30/11/2011

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