Le portrait du mois... Ludovic Gault

Rencontre avec Ludovic Vault, 37 ans, chef pâtissier

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- Qui êtes-vous, quel âge avez-vous, que faites-vous dans la vie ?

Je suis Ludovic Vault, j’ai 37 ans et je suis propriétaire de la pâtisserie "Praline et chocolat" située au marché du Vieux port de Québec depuis dix ans et à notre boutique et laboratoire de production au 7874, Avenue Royale à Château-Richer, nous avons aussi une glacerie située au 2142, rue de la Faune à St Émile ouvert d’avril à septembre.

- Parlez-nous de votre installation au Québec. Depuis quand et d’où veniez-vous ?

Je suis arrivé en 2003 à Québec ou j’ai travaillé deux années au musée de l’Abeille à Château-Richer comme pâtissier et chef pâtissier par la suite, décidant rapidement à voler de mes propres ailes j’ai décidé d’acheter un local dans le hall central du marché du Vieux port pour en faire notre point de vente principal pour la vente au détail de pâtisseries françaises, de viennoiseries, de chocolats fins et de crèmes glacées maison, le succès fut immédiat et j’ai décidé par la suite d’ouvrir une seconde boutique à même notre lieu de production et habitation à Château-Richer en 2007 puis une glacerie à St-Émile sur la route de la Faute en 2012..."Glacerie Praline et Chocolat".

Je suis originaire du Poitou-Charentes en France , un petit village"Sauzeau" proche de Moncontour du Poitou à 45 minutes de Poitiers.

- Vous venez de gagner un prix. Pouvez-vous nous en parler ?

Je fais partie de la société des chefs de Québec depuis deux ans et chaque année le"chef de l’année pâtissier et cuisinier" est élu par des membres qui sont des cuisiniers et propriétaires de restaurants et pâtisseries de la ville de Québec, des critiques culinaires, des blogueurs de cuisine. Cette année, les dix derniers "chefs de l’année" se sont réunis pour choisir trois finalistes pâtissiers dont je faisais partie et j’ai donc remporté le titre par la suite.

- Racontez-nous votre expérience dans votre installation. Est-ce que cela a été facile ?

Lors de notre installation cela a été pour moi et ma conjointe Mélanie un gros défi car nous partions de rien donc nous devions trouver un lieu de fabrication afin d’approvisionner notre magasin du marché du Vieux port, je tenais à être proche de ma famille dans le même temps et de me faciliter la vie pour travailler donc transformer un garage en pâtisserie a été un premier gros défi.

Par la suite, de nombreux habitants nous demandaient si nous comptions ouvrir un magasin à Château Richer et c’est a ce moment là que nous avons décidé d’ouvrir un second point de vente sur place puis une glacerie à St Émile. Dans les trois cas les raisons de ces principaux succès ont été avant tout la passion, l’acharnement, et l’amour de la création pour ce beau métier. Ma conjointe Mélanie Dion a été très précieuse dans cette réussite, notre équipe composée de deux pâtissier(e)s français et deux pâtissier(e)s québécois est aussi un bel équilibre pour l’entreprise, nous devons aussi une fière chandelle à nos vendeuses au marché du Vieux port et notre gérante Mary-Ève qui nous suit depuis le début.

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- Pouvez-vous nous parler des différences et des points communs entre la France et le Québec ?

Au niveau des différences je trouve que le travail et la réussite ici sont reconnus à leur juste valeur, la différence de culture fait aussi en sorte que les goûts sont différents d’un pays à l’autre et il est important de s’adapter à cela, les gens ici aiment essayer des saveurs nouvelles, sont ouverts au changement.

Les points communs....je trouve que les Québécois comme le Français aiment bien manger, prendre soin d’eux sur ce qu’ils consomment (de plus en plus).

- Comment imaginez-vous votre avenir ?

Je le vois en continuant de pratiquer ma passion du mieux que possible avec autant d’amour et de plaisirs à offrir à notre clientèle le meilleur produit possible, je suis aussi très exigeant concernant les matières premières que j’utilise, notre viennoiserie est cent pour-cent pur beurre et nos gâteaux fabriqués avec de la crème à trente-cinq pour-cent, notre chocolat est aussi pur beurre de cacao. Je tiens aussi à souligner qu’il est important pour l’entreprise d’offrir un produit abordable pour tous afin que tout le monde puisse en profiter.

- Quel conseil donneriez-vous à un Français qui déciderait de s’installer au Québec ?

Je lui conseillerai de se munir de patience, de courage et de volonté car la réussite se provoque, elle ne vient pas vers nous par hasard. Il faut aussi être prêt à s’adapter à un nouveau style de vie, à une mentalité différente de la nôtre, à rester soit-même, et lorsque l’on a bien compris cela on est rapidement accepté par les Québécois, un peuple vraiment adorable avec un savoir-vivre exemplaire.

Avant de décider de faire ma vie ici j’ai d’ailleurs voyagé dans différents pays qui m’ont beaucoup aidé à me connaître et à comprendre les autres, s’adapter à chaque milieu est un challenge que je trouve très excitant, le Danemark, la Suède, la Belgique et enfin le Canada pour finir ont été de ces pays dans lesquels j’ai acquis toute mon expérience. Voyager apporte beaucoup.

publié le 23/12/2015

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