Le portrait du mois... Marianne Bonnard (mai 2011)

Marianne Bonnard : « Le monde est mon terrain de jeu et le Québec est aujourd’’hui mon club »

JPEGMarianne Bonnard est depuis longtemps Française de l’’étranger. Originaire de Champagne, attirée par l’’Allemagne et l’’Europe, elle s’’installe à Strasbourg au début de ses études universitaires, en 1996. Après un crochet par Berlin où elle termine ses études, elle s’’installe finalement à Bruxelles pour travailler dans le domaine du fédéralisme européen. Européenne convaincue, elle est prédestinée à une carrière au sein de l’’Union et ne s’’imagine pas un instant s’’installer au Québec ou ailleurs dans le monde. Pourtant, une mission au Canada va changer la donne.

« En 2003, j’’ai participé à une formation sur le fédéralisme canadien. Avec une quinzaine de jeunes professionnels du monde entier, nous avons passé une journée au gouvernement du Québec. A cette occasion, j’’ai été interpellée par la question nationale québécoise. J’’en ai donc profité pour demander s’’ils cherchaient des stagiaires. » Quinze mois plus tard, elle débarque dans la vieille capitale avec un visa de l’’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ).

« Je suis arrivée au Québec par hasard mais il a fallu moins d’’un an pour que je prenne la décision de rester. » Si elle possède toujours un réseau important à Bruxelles et en Europe et pourrait y retrouver un emploi relativement facilement, elle a trouvé au Québec un cadre sociétal qui lui convient. « On trouve ici un équilibre entre vie professionnelle et vie privée qui vaut de l’’or, lance-t-elle. De plus, on est jugé sur ses compétences, alors tout est permis. » Si son diplôme français est excellent, il n’’est pas pour autant devenu un sésame qui ouvre les portes. « C’’est par mes compétences que j’’ai fait mes preuves au Québec et c’’est quelque chose qui est en soi fantastique. »

Parce qu’’elle vivait déjà hors de France, Marianne Bonnard n’’a pas été confrontée au choc culturel que décrivent souvent les nouveaux arrivants français qui n’’avaient pas vécu à l’’étranger avant de s’’établir au Québec. « Cependant, comme beaucoup de Français qui s’’installent ici, j’’ai vécu une première phase enjouée au départ ; celle-ci a ensuite cédé sa place à une deuxième phase au cours de laquelle les choses me rendaient bien moins enthousiaste. Après 18 mois, tout s’’est finalement normalisé. Le vrai cap se situe probablement autour de la troisième ou quatrième année, on se demande alors si l’’on repart ou si l’’on reste ». Elle a choisi de rester.

Aujourd’’hui, la société québécoise est devenue la sienne et elle la regarde avec le même regard critique que celui qu’’elle jette sur la France. « Je considère que je peux contester les relents de conservatisme qui se font sentir dans la société québécoise mais je peux aussi les comprendre car ils sont liés à son histoire. Je m’’autorise également à remettre en cause le misérabilisme ambiant qui ressasse à l’’infini l’’idée que certains sont nés pour un petit pain et que chacun doit surtout rester à sa place sans en demander plus. Peut-être est-ce à cause de mon éducation républicaine française mais ce ‘Né pour un petit pain’’ m’’insupporte parce c’est la partie immergée d’’un iceberg idéologique présent dans l’’inconscient collectif québécois. Je me demande toujours s’’il va faire chavirer le Québec ou pas. »

Yasmine Berthou

Deux questions sur l’’immigration…

- Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu lorsque vous avez décidé de venir vivre au Québec ?

- Quel conseil donneriez-vous à votre tour à un Français qui déciderait de venir s’’installer au Québec ?

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publié le 30/11/2011

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