Les nombreux réseaux tissés par plus de quarante années d’échanges entre les administrations françaises et québécoises favorisent une relation partenariale très active. Ils sont les héritiers directs de la coopération qui a prévalu dans les années 70 et 80 et qui a permis la construction des administrations québécoises. Ces interactions ont eu lieu dans les deux sens et leurs fruits sont toujours visibles. Ainsi, si d’anciens coopérants français sont demeurés au Québec, de nombreux responsables québécois ont été formés en France et ont gardé des liens tant personnels que professionnels avec leurs vis-à-vis français. Tel est le cas notamment des anciens élèves de l’ENA.
L’appartenance du Québec et de la France à des sociétés partageant des valeurs similaires, toutes deux confrontées aux mêmes défis, renforce encore l’intérêt des échanges entre les administrations par rapport aux grands débats de société : les deux nations partagent des préoccupations sociétales communes au premier rang desquelles figurent la protection de l’environnement, la santé et la solidarité sociale, la diversité culturelle, la modernisation de l’administration publique, la gouvernance et les relations avec les citoyens, la sécurité….
Ces relations bilatérales instaurées entre la France et le Québec se sont développées et renforcées par la création en 1965 de la Commission permanente de coopération franco-québécoise (CPCFQ), et par l’instauration en 1977 des rencontres alternées des Premiers Ministres. Ainsi sont nés de nombreux échanges dans les domaines universitaire, économique et culturel.
Aujourd’hui, la relation franco-québécoise a atteint une maturité qui lui permet de mener des coopérations exemplaires sur des thématiques spécifiques et précises, comme les biotechnologies ou encore l’immigration. Cette expérience et expertise franco-québécoise pourrait s’étendre à d’autres régions du monde ou pays, grâce à une ouverture des échanges franco-québécois vers des tiers, et un positionnement franco-québécois sur la scène internationale, notamment dans le cadre de la francophonie.
Un outil de cette coopération institutionnelle : la CPCFQ
Principal instrument de coordination des activités convenues entre les deux gouvernements et leurs partenaires, la Commission permanente de coopération franco-québécoise (CPCFQ) se réunit tous les ans afin de concrétiser les ententes entre les deux gouvernements par de nombreux projets de coopération. Privilégiant des thématiques prédéfinies, comme la santé, les affaires sociales, l’immigration, la prévention ou le développement durable, et développant également de nombreux projets culturels et scientifiques, la CPCFQ offre un cadre commun de réflexion aux partenaires français et québécois et permet à la coopération de s’adapter sans cesse aux nouvelles orientations et priorités. La CPCFQ soutient des projets bilatéraux susceptibles de créer des réseaux et coopérations pérennes et structurés. Elle intervient au moment du développement de ces relations entre partenaires français et québécois, mais n’a pas vocation à soutenir une coopération sur le long terme.
Pour la période 2009-2010, correspondant à la 62ème session de la CPCFQ, une centaine de projets et d’activités de coopération ont été soutenus et ont permis de mettre à contribution des chercheurs, des universitaires, des artistes, des créateurs, des représentants des milieux associatifs et privés et des responsables des pouvoirs publics. Le 9 mars 2011 s’est tenue à Québec, la 63e session de la CPCFQ. Cette rencontre biennale s’est déclinée en trois volets :
Encadrement des grandes orientations de la coopération franco-québécoise et des Groupes de travail : Mis en œuvre sur une période de deux années, les projets de coopération portent sur les thèmes cibles définis par les Premiers ministres français et québécois. La Culture, le Développement durable, la Santé, la Modernisation de l’Etat, la Prévention, l’Immigration, la Jeunesse, l’emploi et la solidarité, seront ainsi les champs d’action prioritaires pour le biennum 2011-2012. A cet effet, les Groupes « Développement durable et Environnement » et « Modernisation de l’Etat », thématiques de travail choisies par les gouvernements français et québécois, se sont réunis la veille pour des ateliers de préparation à la séance plénière du 9 mars.
Facilitateur dans l’émergence de nouveaux partenariats : Véritable fondement de la coopération franco-québécoise, la CPCFQ favorise de nouvelles collaborations. En ce sens, une diversification des partenaires a été opérée par l’ouverture à la société civile, aux établissements de recherche, aux universités ainsi qu’aux nouveaux acteurs de la culture. Pour souligner ce dynamisme, des projets phares, sélectionnés pour le biennum 2009-2010, et reconnus pour la qualité de leurs réalisations, ont été mis en avant au cours de cette rencontre : par exemple, les projets « Nouvelles initiatives sur la prévention du suicide à l’adolescence », et « Gestion et mise en œuvre des accords de coopération en transport et en sécurité routière ».
Evaluation et poursuite des actions et échanges : Des deux côtés de l’Atlantique, la Commission permanente est également l’occasion de dresser un bilan, d’évaluer les actions et définir les nouvelles orientations à donner. Cette volonté de constant renouveau est caractérisée par le suivi récent, par la CPCFQ, des actions de coopération décentralisée - autre niveau de coopération - dans le but de mieux coordonner l’essor des échanges locaux et territoriaux entre la France et le Québec.
La 63e session de la Commission permanente s’est réuni à nouveau à mi-parcours, en France, en mars 2012.
