Projets artistiques communs pour les étudiants-artistes

L’école supérieure des beaux-arts de Nantes poursuit une collaboration étroite avec trois institutions universitaires québécoises : Concordia, l’UQAM et Laval. De nouveaux projets sont en cours, que détaille pour nous Rozenn Le Merrer, Directrice adjointe en charge des études.

Projet de transformation des halles Alstom - Photo : Franklin Azzi Architecture - JPEG

L’enseignement à l’école, en quelques mots ?

Ecole de dimension nationale et internationale, les beaux-arts de Nantes accueillent chaque année 300 étudiants qui se destinent aux métiers de l’art et de la création visuelle. Le 1er cycle est consacré à la mise à niveau des enseignements fondamentaux en art (en peinture, sculpture, dessin, photographie, vidéo, performance, histoire de l’art, etc) et de mise en situation pratique et théorique. En 2ème cycle, l’étudiant compose à la carte les enseignements qui lui seront nécessaires pour poursuivre sa recherche personnelle, plastique et théorique et se préparer au monde professionnel.

Nous avons un projet de nouvelle implantation, qui sera située au cœur de quartier de la création à Nantes et qui pourra accueillir jusqu’à 500 étudiants. La nouvelle école devrait ouvrir d’ici deux ans.

Qu’en est-il de votre rayonnement international ?

Nous avons développé notre politique internationale au cours des dix dernières années. Actuellement plus de 30 accords internationaux, en Europe et hors Europe, ont été signés. Ils sont essentiellement destinés à nos étudiants de 1er cycle - d’un semestre à une année dans un établissement partenaire - et de master : des étudiants-artistes sont invités à mener un projet artistique à l’étranger, aux Etats-Unis, au Canada, au Japon, en Chine et en Corée principalement.

Actuellement, 10% de nos étudiants sont étrangers.

Nous allons promouvoir ce volet international en construisant un programme préparatoire international (International Art Training Program) dont le but est d’accueillir des étudiants étrangers, diplômés de leurs pays, afin de poursuivre leurs études en France ou en Europe et d’y obtenir un diplôme. Ce programme, qui débutera en 2015/2016, est basé sur un partenariat fort avec des écoles d’art, de design et de management situées à Nantes, à Paris, en Belgique et en Suisse.

Comment se passe l’accueil des étudiants étrangers à Nantes ?

La métropole de Nantes a développé la plateforme "Just Imagine" qui regroupe un grand nombre d’informations pratiques pour les étudiants qui doivent s’installer. Mais c’est aussi un des enjeux du nouveau quartier de la création, qui devrait permettre de mieux accueillir les étudiants étrangers.

Avez-vous des partenariats avec les universités au Québec ?

Nous avons actuellement un accord CREPUQ et nous travaillons principalement avec les universités de Concordia, UQAM et Laval.

Nous avons souhaité venir à la rencontre de nos partenaires afin de connaître mieux les infrastructures, les programmes proposés et les équipes pédagogiques, notamment dans le contexte de la réforme de l’enseignement supérieur européen et de la mise en place du cursus LMD. Mais aussi, au-delà des échanges d’étudiants habituels, d’envisager la possibilité de créer des projets artistiques communs avec les professeurs et les étudiants-artistes.

L’université Concordia se rapproche plus du modèle français des universités en arts plastiques. Nous avons une grande complémentarité entre nos deux établissements dans les matières enseignées. L’UQAM est, en revanche, plus proche de notre fonctionnement. Nous allons d’ailleurs monter rapidement un dispositif d’accueil et d’échange d’étudiants et d’enseignants en résidence et identifier les équipes pédagogiques qui pourraient travailler ensemble dès l’année prochaine. L’école des arts visuels de Laval est également très similaire à notre école d’art et possède, comme à Nantes, une galerie d’art ouverte sur la ville. Nous envisageons des échanges d’artistes en 2015 et une collaboration autour de notre programme préparatoire international.

Est-ce que ces partenariats s’inscrivent dans la réalité des échanges entre la France et le Québec ?

Oui, bien sûr, les ponts sont nombreux et concrets entre les institutions. Pour illustrer le propos, nous pouvons mentionner Romain Boulay, Clément Laigle et le collectif artistique MPVite. Romain et Clément ont été formés à l’esbanm et expose au CIRCA de Montréal jusqu’u 17 mai.

Ou encore Bruno Peinado, qui expose actuellement dans la galerie Les Territoires à Montréal.

Enfin, Virginie Pringuet, qui a travaillé à la Fonderie Darling après un master à l’UQAM et qui enseigne aujourd’hui l’histoire de l’art à l’école à Nantes. Elle travaille par ailleurs sur un projet fort intéressant : Atlasmuseum, une plateforme en ligne de collaboration entre artistes, commissaires, amateurs d’art, informaticiens, historiens de l’art, professionnels de la documentation et de l’archivage, visant le développement de différents outils d’inventaire et de documentation de l’art public et d’historicisation des œuvres d’art public dans le monde.

publié le 18/05/2014

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