Remise de l’Ordre National du Mérite à Mme Claire Simard et à M. Marcel Proulx (13 sept. 2007)


Nous sommes rassemblés ici ce soir pour honorer deux personnalités qui ont, chacune à leur manière, contribué grandement au rayonnement international du Québec en même temps qu’au renforcement de l’amitié franco-québécoise.

Claire SIMARD et Marcel PROULX appartiennent en effet tous deux à cette catégorie de nobles esprits qui contribuent au rapprochement entre les peuples de part et d’autre de l’Atlantique. Ce sont des « passeurs d’océan ».


Honneur aux dames

. Je commencerai, si vous le voulez bien, par évoquer la carrière de notre amie Claire SIMARD.

JPEGClaire SIMARD, votre vie a été, est, toute entière, consacrée à la culture et aux communications. De 1975 à 1987, vous avez occupé plusieurs fonctions de responsabilité au sein du Ministère des Affaires Culturelles du Québec, notamment celles de Directrice des communications, Directrice des Arts et des équipements et Directrice du service aux artistes.
Si vous interrompez, de 1981 à 1982, cette première partie de votre carrière, c’est pour travailler à Paris, au Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou, où vous exercez alors les fonctions d’adjointe au directeur du Centre de création industrielle.
1987 marque un tournant majeur dans votre vie puisque c’est à cette date que vous rejoignez l’équipe de direction du Musée de la Civilisation. Une seconde carrière commence alors pour vous. Vous œuvrez au développement du Musée en assurant notamment les fonctions de Directrice du service des expositions, Directrice de la diffusion et de l’éducation, puis Directrice de la conservation et de la diffusion.

En mars 2001, enfin, vous êtes nommée Directrice générale du Musée qui est alors en fait un important complexe muséologique. C’est ainsi que vous assumez non seulement la responsabilité du Musée de la Civilisation proprement dit mais aussi, celle du Musée de l’Amérique française, du Centre d’Interprétation de la Place Royale et de la Réserve muséale de la Capitale Nationale.
Claire SIMARD, votre expertise en muséologie est reconnue mondialement, ce qui vous a valu en 2004 d’assister, à l’invitation de l’UNESCO, les autorités égyptiennes dans l’élaboration du programme muséologique du Musée National de la Civilisation égyptienne au Caire. Vous ne cessez, par ailleurs, de contribuer aux échanges, notamment par la circulation d’expositions entre le Musée de la Civilisation et de nombreux musées en Amérique du Nord, en Europe et sur le continent africain.

Je ne peux, enfin, que me réjouir de la place éminente, pour ne pas dire stratégique, que vous occupez à Québec dans le cadre de la préparation des fêtes du 400ème anniversaire. Comme vous le savez tous, 2008 sera – est déjà – l’occasion, d’une coopération étroite entre la France et le Musée de la Civilisation dans le cadre de la participation française au 400ème anniversaire.


Je me tourne maintenant vers notre ami Marcel PROULX.

Marcel PROULX, vous êtes, chacun le sait, le Directeur Général de l’Ecole Nationale de l’Administration Publique. Votre carrière à l’ENAP a en fait commencé dès 1976. Vous avez en effet exercé au sein de l’ENAP les fonctions, d’assistant de recherche, de chargé de projet, de chercheur puis de professeur-chercheur, de professeur de sociologie des organisations, de directeur des études puis de directeur de l’enseignement et de la recherche.

Enfin en 2001, vous accédez à la responsabilité suprême de Directeur Général de l’ENAP. Je note que c’est la même année que celle qui vit Claire SIMARD accéder à la direction du Musée de la Civilisation. Faut-il croire au hasard ?

Marcel PROULX, vous avez très jeune manifesté un très grand intérêt pour la France. Je rappellerai par exemple que vous êtes titulaire d’un diplôme d’études approfondies en sociologie et d’un doctorat en sociologie, obtenus respectivement en 1986 et en 1993 à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris.

Vous n’avez eu de cesse d’œuvrer pour une meilleure connaissance de la France par les élèves de l’ENAP c’est à dire par la haute fonction publique québécoise. Dans le même esprit, vous vous êtes toujours montré particulièrement ouvert au recrutement d’enseignants français.
J’en ai été personnellement témoin lorsque vous avez pris la décision, il y a bientôt deux ans de recruter un enseignant célèbre, Alain Juppé. J’ai alors admiré chez vous, outre les qualités académiques et de gestionnaires, votre caractère. Votre décision avait en effet suscité certaines critiques, au sein du réseau de l’Université du Québec, au sein même de l’ENAP. Vous n’avez pas faibli, ni renoncé. Vous avez expliqué et défendu avec fermeté votre décision et celle-ci a été approuvée par les instances compétentes de l’ENAP. On a vu ensuite que vous aviez eu raison. La meilleure preuve est que certain milieux, qui s’étaient montrés hostiles à la venue d’Alain Juppé, ont ensuite tenté de le convaincre de rester au Québec. Vous aviez agi, je le sais dans l’intérêt bien compris de votre institution et de vos élèves. Mais, vous me pardonnerez de penser que, en manifestant un certain courage dans ces
Circonstances, vous avez aussi manifesté votre amitié pour la France.
C’est pourquoi je suis particulièrement heureux, Marcel Proulx, de vous remettre les insignes de chevalier de l’Ordre national du mérite.

publié le 28/01/2009

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