Remise de l’Ordre du mérite agricole à M. Eric Troncy (9 juillet)

Discours de M. François Alabrune, Consul général

Monsieur le Professeur, Cher Eric

Je souhaite saluer en premier lieu les autorités présentes, en particulier Monsieur le Député, Monsieur le Doyen, Messieurs les Vice-Doyens, les dirigeants de la faculté vétérinaire, Monsieur le conseiller à l’Assemblée des français de l’étranger ; je salue également les membres de votre famille, en particulier votre épouse, vos collègues et amis.

JPEGDevant quitter Québec très prochainement, après cinq ans de séjour, c’est la dernière fois que je remets une décoration dans le cadre de mes fonctions de Consul général de France à Québec. Je suis très heureux que ce soit à vous, cher Eric Troncy et de vous la remettre ici à St-Hyacinthe, dans l’enceinte de la Faculté vétérinaire. Parce qu’en vous remettant cette distinction, j’ai le sentiment d’un accomplissement ou, comme l’on dit, que la boucle est bouclée.

D’abord parce que nous nous sommes rencontrés ici même, au début de mon mandat, grâce à M. François Lubrina. J’ai été immédiatement impressionné par votre parcours, par votre compétence, votre rayonnement, votre enthousiasme, votre énergie, votre capacité à relier le Québec et la France, puisque, formé en France et au Québec, vous enseignez au Québec.

Nous avons immédiatement sympathisé et avons eu l’occasion de nous revoir souvent, à Ste Hyacinthe, Montréal ou Québec, d’échanger aussi à distance dans le cadre d’un effort commun que nous avons mené et qui est le point d’aboutir, pour la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles.

Mais avant d’évoquer cette question, je souhaiterai tout d’abord rappeler le parcours que vous avez accompli et qui fait de vous, malgré votre jeune âge, l’une des grandes figures de la coopération franco-québécoise de cette décennie dans le domaine scientifique, et plus particulièrement dans celui de la recherche vétérinaire.

Vous êtes un pont entre la France et le Québec comme le montre votre histoire personnelle.

JPEGVotre vie familiale :
Vous avez été attiré par les grands espaces du Québec. Vous y avez fait souche, en épousant Stéphanie Kéroack, elle aussi médecin-vétérinaire, avec qui vous avez eu trois enfants : Clémentine, Lancelot et Garance.
Votre formation :
Originaire de la Savoie, vous avez en 1992 obtenu le diplôme de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon.

Au Québec, vous avez entrepris des études très pointues. Vous avez ainsi obtenu, entre 1993 et 1998, une maîtrise ès Sciences en Sciences cliniques vétérinaires, vous avez une Résidence en Anesthésie vétérinaire et un Doctorat en sciences biomédicales.

Enfin, vous avez soutenu une Thèse d’Université en pharmacologie/pharmaco-chimie de l’Université Louis Pasteur de Strasbourg.

Votre carrière en France :
Vous avez débuté votre carrière professorale comme Maître de Conférence en Anesthésie - réanimation à l’Ecole Nationale vétérinaire de Lyon de 1998 à 2002 pour devenir professeur titulaire de physio-pharmacologie à l’Université de Montréal.

Votre activité professionnelle en France aura été marquant puisque l’on vous reconnaît la paternité de l’utilisation facilitée de la morphine dans les cliniques vétérinaires françaises ainsi que la création, en collaboration avec votre épouse, le Dr Stéphanie Kéroack, de la première unité de soins intensifs-anesthésie et de médecine d’urgence, le SIAMU, dans une école vétérinaire européenne.

Votre carrière au Québec ne vous a pas fait oublier vos racines, puisque vous avez mené de nombreuses actions en collaboration avec des intervenants français. Vous avez joué un rôle essentiel dans le renforcement des liens entre vétérinaires français et québécois. Par exemple, vous êtes à l’origine d’échanges de professeurs entre les écoles vétérinaires, notamment dans les domaines de la pharmacologie et de l’anesthésie vétérinaire, d’échanges d’étudiants et d’une coopération très active en médecine humaine, aussi, avec l’hôpital européen Georges Pompidou dans le champ des thérapies à base de cellules souches.

Vous avez obtenu pour vos recherches un niveau de financement hors-normes provenant pour moitié d’entreprises françaises, ce qui montre bien la confiance que ces dernières placent en vous, années après années.

JPEGUn autre de vos nombreux mérites, et non des moindres, est que vous vous êtes toujours distingué par votre militantisme en faveur de la francophonie, en défendant la langue française dans le domaine de la publication scientifique et en promouvant la francisation du vocabulaire médical au Québec. Cette défense du français dans le milieu scientifique est tout à fait remarquable et j’ai grand plaisir à le souligner.

Vous avez été récompensé en France par de nombreux prix tels le titre de Lauréat de la Faculté de médecine Claude Bernard - Lyon 1, le prix de Thèse vétérinaire C.N.V.S.P.A, le prix A.C.F.A.S. de la meilleure Thèse universitaire franco-québécoise de l’année et le Prix du vétérinaire de l’année 2001 en France.

Enfin vous avez contribué très activement à l’avancement du dossier de la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelle entre la France et le Québec. Votre militantisme s’est exercé naturellement dans votre domaine d’activité, la profession vétérinaire. Vous avez agi avec détermination pour faciliter le dialogue entre les ordres français et québécois, et à la conclusion d’un premier accord entre eux, puis pour faire prendre conscience aux autorités françaises et québécoises, l’importance d’aller plus loin. Votre cas est devenu un symbole et votre combat a permis de faire avancer un chantier qui concerne bien d’autres professions. C’est pourquoi vous êtes parmi ceux à qui l’on duit la conclusion d’une Entente historique entre la France et le Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, signée en octobre par le Premier ministre du Québec et le président Sarkozy.

La République française salue aujourd’hui votre parcours exemplaire et votre dévouement au service de la relation franco-québécoise
et de la Francophonie scientifique.

C’est la raison pour laquelle, Eric Troncy, je vous remets, au nom du ministre de l’Agriculture et de la pêche, les insignes de Chevalier du Mérite agricole.

publié le 13/01/2012

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