Remise de l’Ordre national du Mérite à M. Edouard Hommel (3 sept. 2008)

M. et Mme Hommel et tous les membres ici présents de leur famille

Chers amis

La circonstance qui nous réunit ce soir est exceptionnelle. Exceptionnelle, car il s’agit pour moi, en tant que Chef de poste, de remettre une des plus hautes distinctions françaises au doyen de notre communauté. Celle-ci comporte sans doute plus de 10 000 Français. Premier d’entre eux par l’âge, M. Hommel est aujourd’hui à l’honneur mais cet honneur rejaillit également sur l’ensemble de notre communauté.

Mon adjoint, Jean-Charles Bou, m’avait représenté l’année dernière pour la fête organisée par les associations françaises pour la célébration du centenaire de M. Hommel. Notre ami Edouard Hommel fêtera le 13 septembre prochain ses 101 ans.

J’ai aujourd’hui le plaisir, à quelques jours de cette échéance, de lui remettre les insignes de l’Ordre national du Mérite. Je tiens à remercier les associations françaises, en particulier les Amis du Fonds, que préside Michel Tailleux, de la part qu’elles ont prise dans l’organisation de cette cérémonie.


Edouard Hommel, je rappellerai que vous êtes né dans la banlieue de Paris, à Malakoff. Vous êtes d’origine alsacienne. Refusant la fatalité, votre grand-père avait fait le choix de s’établir à Paris, après la défaite de 1870 face à la Prusse.

La première partie de votre vie est, comme pour beaucoup de Français de votre génération, marquée par la guerre, en l’occurrence par les deux guerres mondiales. Votre père est tué au Chemin des Dames en 1917 et vous-même avez été mobilisé en 1939. Fait prisonnier en mai 1940, vous resterez cinq ans en Allemagne où vous serez libéré par l’armée anglaise en mai 1945.

Après-guerre débute la seconde partie de votre vie, marquée par l’installation au Québec dès 1951.

A Québec, vous avez tenu un commerce de machines de bureau et une papeterie. L’un de vos clients n’était autre que le Consulat général de France. Ce n’est qu’à l’âge de 80 ans que vous vous résignez à prendre votre retraite.

Votre parcours humain est exemplaire.

Votre famille et vous-même portez témoignage des épreuves et des douleurs de la première moitié du XXème siècle. Votre vie nous rappelle les sacrifices endurées par des millions de Français pour la défense de notre pays et pour l’établissement d’une paix durable. Vous nous aidez à entretenir un nécessaire devoir de mémoire.

Votre vie est également exemplaire dans la mesure où vous avez ouvert la voie à une immigration massive de nos compatriotes au Québec. Doyen en âge, vous l’êtes aussi par ce que vous figurez parmi les tout premiers immigrants français venus s’installer au Québec après la Deuxième Guerre Mondiale. Vous êtes l’exemple d’une intégration réussie au Québec. Je salue avec émotion vos enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants dont le nombre mais aussi la qualité témoignent de votre enracinement au Québec.

C’est dans ce double contexte que les autorités françaises ont tenu à vous manifester leur attachement et leur gratitude.


C’est la raison pour laquelle, Edouard Hommel, au nom du Président de la République, je vous fais Chevalier de l’Ordre national du mérite.

publié le 02/07/2009

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