Remise de l’insigne de Commandeur dans l’Ordre des Palmes Académiques à M. André Gaulin (6 avril 2006)

Remise des insignes de Commandeur
dans l’Ordre des Palmes Académiques
à M. André GAULIN, Président de l’AMOPA
à la Résidence Jeudi 6 avril 2006 à 17 h 00. Discours de M. François Alabrune, Consul général.

JPEGMonsieur le Président,
Cher André GAULIN,

Avant de rappeler, trop brièvement sans doute, vos mérites qui ont conduit la France à vous décerner le plus haut grade de l’Ordre des Palmes académiques, avant de vous en remettre les insignes, je voudrais dire qu’à travers vous j’ai bien le sentiment d’honorer toutes celles et ceux qui au Québec dans les domaines académiques, dans les domaines culturels, oeuvrent sans relâche à la promotion de la francophonie et de la diversité culturelle, au renforcement de la relation entre la France et le Québec.

Ils sont nombreux dans toutes les sphères d’activités et dans la société civile. Je voudrais les en remercier, et vous dire la très haute estime et l’amitié dans lesquelles je tiens l’association des Palmes académiques que vous présidez et dont je salue ici les membres présents, tout comme je salue, avec chaleur, les membres de votre famille, vos amis qui vous entourent en cette fin d’après-midi.

Monsieur GAULIN, votre C.V. est bien trop riche en engagements multiples et, par avance, je vous prie de m’excuser de devoir me limiter à l’essentiel par des raccourcis qui feront fi de la chronologie.

  1. Le premier élément que je voudrais mettre en exergue est que vous êtes un Québécois de Québec. Presque toutes vos vies professionnelles et privées se sont déroulées ici sur les bords du Saint-Laurent, dans cette ville que vous aimez, que vous avez su dire et chanter, dans ce berceau de l’Amérique française dont en 2008 nous célèbrerons le 400ème anniversaire.

    Vous êtes né à Québec, vous y avez fait vos études sauf pour votre thèse de Doctorat en lettres québécoises soutenue à Sherbrooke. A partir de 1970, vous avez enseigné à l’Université Laval dont vous êtes professeur émérite. C’est aussi dans la circonscription de Taschereau que vous avez été élu député du Parti québécois en 1994, ne vous représentant pas en 1998 pour vous retirer sur la rive sud à Berthier-sur-Mer.

  2. A Berthier-sur-mer, votre regard M. GAULIN, porte quotidiennement sur l’Ile qui est « comme Chartres » sur l’Ile d’Orléans de Félix Leclerc dont vous avez été l’un des chantres à l’université Laval. En effet, vous y avez introduit l’enseignement de la poésie, de la chanson, et par vos écrits et à la radio, vous n’avez de cesse de promouvoir les poètes de la chanson. Félix bien sûr, mais aussi Gilles Vignault et bien d’autres encore.

    Je viens de parler des poètes de la chanson. Pour être plus complet, je devrais dire que vous êtes un passeur de talent pour la poésie en général, dans votre enseignement universitaire mais aussi dans vos recherches. Votre contribution exceptionnelle au « dictionnaire des œuvres littéraires au Québec » en témoigne. Gaston Miron, Jacques Brault, Paul Chamberland, ont trouvé en vous un exégète inspiré et reconnu de tous.

  3. Vous avez été tout au long de votre carrière un défenseur et promoteur inlassable de la langue française, en tant que co-président fondateur du « mouvement Québec français », en tant que président de l’association québécoise des professeurs de français. De vos nombreuses publications, notamment dans « Québec-Français », revue dont vous êtes le cofondateur avec le regretté Gilles Dorion, je retiens ce sous-titre de l’un de vos écrits au début des années 1970 : « de l’impossibilité presque totale d’enseigner le français au Québec ». Si la situation a bien changé depuis, si la révolution dans ce domaine a bien eu lieu, c’est grâce à des hommes comme vous.

    Votre passion pour notre langue, dont témoigne cet autre titre magnifique de l’une de vos communications faite en 2000 « la langue française n’est pas que rebelle. Elle est belle. Et solidaire », vous désignait tout naturellement pour travailler en liens étroits avec des instances francophones en Wallonie, au Centre international d’études pédagogiques de Sèvres, ou encore avec la Fédération internationale des professeurs de français qui tiendra son congrès mondial à Québec en juillet 2008 et nous y attendons quelque 2000 à 3000 professeurs de français du monde entier.

  4. D’avoir été nommé dans l’Ordre des Francophones d’Amérique en 1999, d’avoir reçu le prix Georges-Emile-Lapalme, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine de la qualité et du rayonnement de la langue française sont la juste reconnaissance de vos mérites et de vos engagements permanents.

Homme de culture, membre de l’Institut canadien, de la Commission franco-québécoise des lieux de mémoire communs, vous êtes un humaniste des temps modernes et c’est un honneur que la France partage avec les membres de l’association québécoise de l’ordre des Palmes académiques de vous voir présider les destinées de l’association depuis deux ans. Vous êtes chevalier de l’Ordre depuis 1987, officier depuis 1996.

Monsieur André GAULIN, pour votre contribution exceptionnelle à la défense et à la promotion de la langue française et de la culture francophone, au nom du Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, je vous remets les insignes de Commandeur dans l’Ordre des Palmes académiques.

publié le 28/01/2009

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