Remise de la médaille de la Ville de Québec à M. Alabrune

Discours de M. Alabrune

Monsieur le Maire, Cher Régis,
Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les élus de la Ville de Québec,
Monsieur le Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’association,
Chers amis,

Il est difficile de trouver les mots qui puissent exprimer l’émotion et la reconnaissance que je ressens en recevant de vos mains la médaille d’honneur de la Ville de Québec.
JPEGJe suis profondément touché par l’honneur exceptionnel que vous me faites, Monsieur le Maire, en me remettant une telle distinction, qui me fait succéder à tant de personnalités remarquables qui ont contribué au rayonnement de Québec.

Je suis d’autant plus ému que je reçois cet honneur quelques jours avant de quitter Québec après cinq ans d’un séjour exceptionnellement riche, grâce à la célébration du 400ème anniversaire de la Ville de Québec. Je le reçois également dans le cadre d’une année 2009 où nous célébrons le 150ème anniversaire du Consulat général de France à Québec.

Cette médaille récompense le travail que j’ai accompli depuis cinq ans. Ce travail, je ne l’ai pas accompli seul. Je souhaite donc associer à l’honneur que vous me faites celles et ceux qui m’ont permis d’accomplir ma mission.

Mon épouse tout d’abord, dont j’ai bien conscience de la popularité, au point que, pour beaucoup de Québécois, le Consul général de France est d’abord celui qui accompagne Jacqueline Alabrune. Sans elle, sans son soutien, sans son engagement et son rayonnement, je n’aurais pas pu venir à bout des défis de cette mission et je souhaite l’en remercier publiquement.
JPEGL’équipe du Consulat général de France aura été également remarquable en tout point au cours de ces cinq ans. Je pense en particulier à mon assistante, Pascale Trémen, au Consul général adjoint Simone de Gélibert puis Jean-Charles Bou, au Chef de service de presse, Frédéric Paruta, au Chef de chancellerie Bernard Chouzenoux et à leurs équipes, aux membres du Service de coopération et d’action culturelles et du Service économique ainsi qu’aux agents de la Résidence.

Je remercie également toutes les associations françaises qui animent la communauté française et les Québécois qui ont des liens privilégiés avec la France.
Je voudrais remercier aussi tous les Québécois qui nous ont accueillis et guidés tout au long de notre séjour, en particulier à l’Hôtel de ville. Je pense en particulier à vous Monsieur le Maire et à votre épouse, à vos prédécesseurs, en particulier Jean-Paul L’Allier et son épouse, mais aussi Jean Pelletier, Mme Boucher et M. Lamontagne, à tous les élus de Québec, en particulier au maire suppléant Jacques Joli-Coeur. Je pense également à tout le personnel de l’Hôtel de ville, notamment à la direction des Relations internationales, à la Commissaire Annie Brassard et Julie Bérubé et à leurs collègues, au Protocole.

La médaille que vous me remettez récompense un travail mais elle consacre aussi le lien personnel qui me lie à Québec.

JPEGCe lien est bien antérieur à ma prise de fonction en 2004 comme Consul général. Pour tout vous dire, je suis venu à Québec avant même de naître, puisque mes parents sont venus de France en octobre 1961 par bateau, ont débarqué à Montréal, puis ont rejoint Halifax par le train, en faisant un arrêt à Québec. Or ma mère m’attendait déjà puisque je suis né quelques semaines plus tard, en janvier 1962.

Il m’aura fallu attendre vingt quatre ans pour voir Québec de mes propres yeux puisque j’y suis venu en 1986, alors que je faisais un stage à Ottawa dans le cadre de ma formation à l’Ecole nationale d’administration.

J’ai le souvenir très précis du choc que j’avais ressenti à l’époque devant la beauté de cette ville, de son site mais aussi de ses monuments, de ses remparts, de ses maisons en pierre, si rares en Amérique du Nord et si proche de l’architecture européenne.

Au-delà du choc esthétique, s’éveillait en moi l’intérêt pour la destinée de la société québécoise et son effort pour continuer à vivre en français. S’éveillait également en moi l’intérêt pour le poste de Consul général de France à Québec, dont je découvrais en me rendant à l’Ambassade de France à Ottawa, qu’il jouait un rôle très important.

Il m’aura fallu attendre 18 ans pour que cette idée fasse son chemin et que j’obtienne ce poste en 2004.
L’arrivée ici en 2004 fut l’occasion d’une autre découverte fort marquante : celle des Québécois. L’accueil qu’ils ont réservé à ma famille et à moi-même, leur attention, leur gentillesse ont illuminé notre séjour. Je me dis aujourd’hui que la plus grande beauté de Québec, ce n’est pas le site et les monuments, c’est le cœur de ses habitants.

Nous avons été comblés par cette chaleur humaine, qui compense un climat, qui manque parfois de chaleur, même s’il prodigue en hiver beaucoup de clarté et de lumière.

JPEGLa grande aventure de notre séjour, ce fût le 400ème anniversaire de Québec. J’avais à peine débarqué de l’avion que ce dossier absorbait rapidement mon temps et mon énergie.
Quel défi ! mais aussi quelle chance.
J’y voyais une occasion historique : d’abord changer le regard que les Québécois et les Français portaient les uns sur les autres. Trop longtemps, ce regard avait été obstrué par les souvenirs de 1759 et de 1763, de la défaite, de l’abandon, ce qui avait divisé, éloigné les Français et les Québécois. Grâce au 400ème, nous pouvions fixer nos regards sur ce qui nous rassemblait, la fondation de Québec. Plutôt qu’une figure tragique, celle de Montcalm, nous pouvions célébrer un héros positif, Champlain. Mais surtout nous pouvions tourner nos regards ensemble vers l’avenir, comme l’avait voulu le Général de Gaulle et les dirigeants québécois, en créant l’OFQJ en 1968, quarante ans auparavant.

Ma chance fut que Jean-Paul L’Allier réussit à convaincre Jacques Chirac et Jean Charest de convier la France à participer activement. Une fois la volonté politique exprimée, tout allait se mettre en place – en particulier grâce à la nomination de Jean-Pierre Raffarin, assistée de Chantal Moreno. Ma chance fut aussi que Régis Labeaume ait fait aboutir cette grande aventure du 400ème, avec une équipe remarquable autour de lui.

La participation française au 400ème fut sans doute différente de ce que les Québécois avaient imaginé. Il ne s’agissait pas seulement d’un cadeau destiné à embellir la ville, il s’agissait surtout aux yeux de Jean-Pierre Raffarin, non seulement de faire la fête mais d’agir ensemble, de joindre nos forces pour assurer l’avenir du fait français en Amérique.

C’est le sens de la contribution de la France au Centre de la Francophonie des Amériques, mais aussi du volet économique du 400ème, des ateliers de coopération décentralisée, de la grande rencontre des universités françaises et québécoises et enfin de la signature d’une entente sur la mobilité professionnelle.

Entente particulièrement importante pour la communauté française de Québec, la première communauté immigrée, dont l’effectif va en constante augmentation.

Contribuer à cet effort fut passionnant pour moi comme pour toute l’équipe du Consulat général.

J’espère que les Québécois auront bien compris le message que les Français leur ont envoyé en 2008 : nous vous aimons.

C’est en tout cas ce que mon épouse et moi-même avons voulu vous exprimer.

En me remettant cette médaille, vous nous exprimez en retour une affection, une amitié, une fraternité qui nous comblent.

Nous sommes chanceux puisqu’après Québec, nous partons pour Vienne – mais nous n’oublierons pas Québec et les Québécois, nous laissons ici une part de notre cœur -. Nous nous sentons pour la vie Citoyens de Québec, alors, nous vous disons : à bientôt et merci !

publié le 13/01/2012

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