Remise des Insignes de Commandeur dans l’Ordre National du Mérite à Monsieur Claude Roquet, 12 décembre 2011

Cérémonie de remise des Insignes de
Commandeur dans l’Ordre National du Mérite
à Monsieur Claude Roquet

Lundi 12 décembre 2011 - 17h30

Cher Monsieur Roquet,

Chers Famille et amis de la famille,

Chers invités,

JPEGIl y a plus d’un an, nous nous retrouvions pour parler, entre autres, de la distinction honorifique qui vous avait été décernée, voilà plus de 15 ans, mais que, pour des raisons inconnues, vous n’aviez jamais reçue. Je me réjouis que nos démarches entreprises depuis cette date aient pu aboutir et que nous soyons réunis pour vous rendre un hommage mérité, en cette année symbolique, année du 50ème anniversaire de la délégation générale du Québec à Paris.

Monsieur Roquet, vous êtes né en décembre 1929, à Montréal. Après avoir étudié la théologie, à Joliette, vous vous êtes lancé dans des études en science politique, à l’université d’Ottawa à l’issue desquelles vous êtes entré au ministère des Affaires extérieures, en septembre 1953, à l’âge de 23 ans.

Dès 1954, vous êtes envoyé au Liban où vous vous perfectionnez en arabe. Suivront des affectations à Londres, au Caire puis en Turquie.

De retour à Ottawa, en 1964, vous travaillez au sein de la direction de liaison de défense puis, Marcel Cadieux, sous-secrétaire d’Etat, qui vous connait bien et vous apprécie, vous nomme en 1966, responsable des Affaires françaises et européennes à un moment où le Québec commence à développer une relation particulière avec la France. De directeur de l’Europe occidentale, vous passez conseiller du sous-ministre chargé des relations fédérales-provinciales avant d’être promu directeur général de la coordination. Vous êtes écouté et influent. Cette époque est assez agitée au sein du « triangle » Paris-Ottawa-Québec, puisqu’elle correspond au voyage du Général de Gaulle et de son fameux discours à Montréal.

Au Québec, les choses se durcissent et la violence qui va atteindre son paroxysme lors de l’enlèvement de James Cross, consul britannique à Montréal, par un commando de terroristes du Front de Libération du Québec, le 5 octobre 1970. On craint qu’il ne connaisse le même sort que Pierre Laporte, ministre du Travail, dont le corps a été retrouvé quelque temps après son enlèvement. Une négociation s’engage et un compromis est trouvé avec les ravisseurs. James Cross est libéré et vous aurez pour mission délicate d’accompagner les terroristes à Cuba. Vous nous reconterez, j’espère, ce fait d’armes de votre carrière.

En 1973, le Gouvernement fédéral vous affecte en qualité de secrétaire général adjoint à l’Agence de coopération culturelle et technique (ACTT), l’ancêtre de l’OIF, à Paris où vous restez 3 années. C’est votre premier séjour parisien. De retour à Ottawa, en 1976, on vous offre le poste de sous-ministre adjoint aux affaires politiques, poste que volontairement vous allez quitter au bout d’un an, car vous décidez de vous mettre à la disposition du Québec.

Là commence une nouvelle carrière diplomatique. Votre départ suscite des regrets tant vous êtes apprécié à Ottawa.

En 1977, M. Roquet, vous êtes conseiller aux relations internationales et fédérales-provinciales au sein du ministère des Ressources naturelles. Puis, un an plus tard, en 1978, sous-ministre associé à l’énergie. Vous siégez au conseil d’administration d’Hydro-Québec, de la société d’énergie de la Baie James et d’Hydro-Québec International. En 1981, vous intégrez le ministère des Relations internationales en qualité de sous-ministre associé.

Vous revenez à Paris, pour la deuxième fois, où vous exercez, de 1983 à 1986, des fonctions à la délégation du Québec en tant que responsable des Affaires francophones et multilatérales.

C’est l’époque où le projet d’un sommet de la Francophonie, tant souhaité par le président sénégalais, Léopold Cedar Senghor, et le président tunisien, Habib Bourguiba, prend vie. Le président Mitterrand décide qu’il se déroulera avant les échéances électorales du printemps, soit en février 1986, à Versailles, et désigne l’ambassadeur Jacques Leprettre comme son représentant personnel dans la préparation de ce sommet. Les collaborateurs du « sherpa » Leprette sont Lucien Bouchard, ambassadeur du Canada en France, Jean Tardif, haut fonctionnaire québécois, dont on dira qu’il est l’un des meilleurs connaisseurs de la Francophonie, Louise Beaudouin, déléguée générale, les ambassadeurs du Sénégal et de Tunisie, et vous-même.

Les travaux sont rondement menés. Le premier sommet de la francophonie peut se tenir à Versailles, en février 1986, « sur un canevas largement québécois ». Une quarantaine de pays y participe. Le Canada y reçoit un traitement de faveur, le Québec est également à l’honneur. Le Nouveau Brunswick et le Québec seront admis dorénavant à y siéger avec le statut de « gouvernement participant ».

Après Paris, le Gouvernement québécois vous nomme délégué général du Québec à Bruxelles pour trois ans et vous revenez à Québec pour la même durée. Ce sera votre dernier poste au Québec, ô combien prestigieux puisque vous êtes responsable d’une des plus importantes directions du ministère des Relations internationales, celle de la direction générale France !

Fin connaisseur de la politique française et des enjeux québécois, c’est tout naturellement que Robert Bourassa, premier ministre québécois, vous nomme délégué général du Québec à Paris en 1993. Ce sera votre dernière affectation à l’étranger et le couronnement d’une brillante carrière de diplomate. Votre mission, qui consiste à renseigner votre pays sur l’actualité française, et faire comprendre aux Français la politique québécoise, s’annonce ardue tant est complexe la réalité d’alors. Mais cela ne semble pas vous déplaire. Un événement majeur se profile à l’horizon 1995, celui d’un deuxième referendum au Québec en cas de victoire aux futures élections provinciales du parti québécois. Il en résulte une multitude de visites : le premier ministre Daniel Johnson, nouvellement élu, en février 1994, Lucien Bouchard, chef du Bloc québécois qui est à l’époque l’opposition officielle à la chambre des Communes, en mai 1994, la première visite de Jacques Parizeau, chef du parti québécois, en juillet de la même année, une nouvelle visite de Jacques Parizeau, cette fois en tant que chef du gouvernement, en janvier 1995…
Le referendum se tient le 30 octobre et le non l’emporte.

Votre mission s’achève, M. Roquet, et la France a en reconnu toute l’importance, à un moment délicat des relations franco-québécoises, en vous distinguant de l’Ordre National du Mérite, au grade élevé de Commandeur. La nature des liens que la France entend conserver et approfondir avec le Québec n’a pas changé, depuis cette époque. Et sans doute notre relation s’est-elle depuis approfondie, car élargie à de multiples acteurs : collectivités territoriales, universités, entreprises…

Ainsi, M. Roquet, en reconnaissance de votre participation au développement de nos échanges et à l’approfondissement de nos relations si privilégiées, nous vous faisons Commandeur de l’Ordre national du Mérite.

publié le 01/03/2012

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