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Remise des insignes de Chevalier des Arts et des Lettres à M. Paul-André Fortier, Danseur, Chorégraphe, 2 novembre 2010

2 novembre 2010 – 17 h 00 Agora de la Danse - Montréal

Madame la Directrice artistique et générale, (Mme Francine Gagné, directrice artistique et générale de Circuit-Est centre chorégraphique) Monsieur Paul-André Fortier, Mesdames et Messieurs,

La distinction que la France a décidé de vous remettre est destinée aux personnes qui se sont distinguées par leur création et leur contribution aux arts et aux lettres en France et dans le monde. Dans votre cas précis, mes autorités ont voulu témoigner de la reconnaissance à votre œuvre, à votre carrière, à votre travail de création et à votre engagement pédagogique en lien continu et étroit avec la France. Monsieur Fortier, même si déjà, enfant, vous montiez des pièces de théâtre avec votre sœur, vous êtes né à la danse dans les années 70. Fasciné par l’idée de vous produire sur scène, après vos études universitaires à Sherbrooke en littérature et en théâtre, vous avez quitté l’enseignement de la littérature pour devenir danseur. En rejoignant le groupe « nouvelle aire » à Montréal, vous êtes tombé en amour avec les danseurs qui composaient le groupe. Vous vous êtes plongé dans la danse, sous toutes ses formes d’expression, comme la performance. Vous avez été de tous les grands projets de l’époque, auprès d’Edouard Lock ou de Daniel Léveillé, de Françoise Sullivan ou de Martine Epoque. L’esprit des années 60 et de la Révolution tranquille ont stimulé votre envie de créer.

« La danse est devenue la matérialisation de ma liberté » dites vous. En 1978, vous créez votre première œuvre, un duo.

En 1979, vous créez votre propre compagnie « Fortier danses création ».

En 1987, vous cofondez Montréal Danse avec Daniel Jackson.

Vous êtes habité par un virus créatif que vous vivez tantôt comme un fardeau, le plus souvent comme un bienfait. Vous avez créé un nombre de pièces impressionnant. Mais vous savez que la création à elle-seule est une pratique exigeante.

Aussi avez-vous été également professeur, pendant 10 ans, de 1989 à 1999, à l’UQAM où vous avez créé de nombreuses pièces avec vos élèves. La pédagogie est au cœur de votre travail et, au-delà de l’UQAM, vous avez enseigné en Europe et ailleurs au Canada, notamment à Angers en France. Au-delà de l’enseignement, c’est le public tout entier que vous tentez de sensibiliser inlassablement à la danse.

Chorégraphe, enseignant, sensibilisateur, vous aimez le coté lumineux de la vie. Vous aimez partager l’espace avec d’autres concepteurs. Toujours attentif à ce qui se passe en art aujourd’hui, notamment à l’époque du multimédia et des nouvelles technologies, vous avez su en mesurer la portée symbolique et esthétique.

Monsieur Fortier, qu’on appelle aussi PAF, vous avez fait le tour du monde.

Vos œuvres reconnues à l’international sont marquées par la recherche, le renouvellement et le désir de dépassement, et vous cherchez à révéler l’incandescence et la lumière intérieure de vos danseurs.

Vous êtes un artiste troublant et intense. Vous vous définissez comme un homme qui danse.

Vos relations avec la France sont anciennes. En 2008, vous êtes invités par le Centre Chorégraphique national - Ballet de Lorraine à Nancy, mais aussi au centre national de Danse contemporaine d’Angers.

Parmi vos créations, une a retenu mon attention. En 2006, vous avez créé « Solo », œuvre de trente minutes, minimaliste, sans musique. Durant trente jours d’affilée, vous l’avez interprété dans des villes comme Ottawa, Montréal, Yamaguchi (Japon) Nancy et Lyon, Londres et Newcastle, Rome, New York et Liège.

Mais en 2010, vous avez interprété cette œuvre à Lorient, ville dont vous êtes un acteur culturel important, puisque vous êtes membre du comité de parrainage du théâtre de Lorient depuis 2003. Je suis très sensible à cet aspect de votre engagement car moi-même je suis originaire de Lorient.

Voyez vous, nous avons aussi un point en commun. J’en vois un second, lorsque vous délivrez à vos jeunes danseurs ce message que je pourrais reprendre à mon compte : « croyez en vos désirs. Croyez en votre passion. Foncez ».

Monsieur Fortier, pour toutes ces raisons et au nom du Ministre de la Culture et de la Communication, je vous fais Chevalier des Arts et des Lettres.


publié le 1er mars 2012

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