Remise des insignes de chevalier des Arts et des Lettres à Mme Louise Samson, directrice artistique du Club Musical de Québec (6 janvier 2012)

6 janvier 2012 – Grand Théâtre de Québec

JPEGChère Louise, distingués invités,

Nous honorons aujourd’hui une personnalité éminente dont le nom est indissociable de la vie musicale de Québec.

Mme de Lafayette écrivait « la musique de Lulli m’alarme ». Par ce seul mot, elle en disait autant que bien des pages sensuelles.

Louise, la musique vous a toujours « alarmé », elle a toujours été « la langue de vos émotions », comme l’écrivait Kant. Et c’est cette émotion qui vous a guidé sur le chemin de l’interprétation.

Après avoir étudié le Piano à l’école de musique Vincent d’Indy à Montréal, vous avez perfectionné votre art au Conservatoire National de Paris et à la Manns School de New York. Votre carrière de pianiste vous a conduit au Canada, aux Etats-Unis et en Europe de 1965 à 1984.

Parallèlement, vous avez enseigné au Conservatoire de Musique de Québec pendant 25 ans, et vous avez pris la direction artistique du festival de Lanaudière de 1990 à 2000.

De 2000 à 2003, vous êtes devenue responsable du développement international des « Violons du Roy ».

Grâce à votre talent unique pour trouver les meilleurs chanteurs et instrumentistes de notre époque, vous avez su offrir, depuis presque 40 ans au Club Musical de Québec, des soirées uniques et des récitals mémorables salués par tous les mélomanes de Québec.

Ceci explique pourquoi nous avons voulu organiser cette cérémonie à l’issue d’un concert exceptionnel dans ce théâtre que vous aimez tant.

Votre réputation est telle que vous êtes membres de nombreux jurys, au Conseil des arts du Canada, au Conseil des arts et lettres du Québec, au Conseil Québécois de la musique. Vous êtes aussi membre du Conseil d’administration du Domaine Forget et je pourrai continuer ainsi longtemps.

Encore aujourd’hui, vous êtes appelé à présider de nombreux jurys en Pologne, en Allemagne, et vous cherchez toujours à trouver de jeunes talents en vous rendant notamment en France comme prochainement aux « Folles Journées de Nantes ». Ce festival vous caractérise si bien…

JPEGLouise,

J’ai pour vous une amitié personnelle, et c’est pourquoi je ne souhaite pas que ce discours soit un long panégyrique de votre carrière.

La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil, selon Friedrich Nietzsche. Vivre avec la musique est en revanche un plaisir sensuel pour beaucoup d’entre nous.

Vous avez su y puiser la joie, la gaieté que vous avez teintée d’une fraicheur d’adolescente espiègle.

Avec parfois des moments surprenants, comme celui où vous avez fait la connaissance de Georges Buch, sans le reconnaitre ; ou lorsque vous avez cru que la presse venue accueillir Ségolène Royal au Palais Montcalm était présente pour vous…

Rencontrer Louise Samson est un privilège, mais aussi une révélation pour nous tous et notamment ses amis nombreux du Consulat général de France à Québec. Vous réussissez à réunir ici, l’actuel Conseiller Culturel et de Coopération, Jean-Pierre Tutin et son prédécesseur, Stéphane Catta, dont vous soutenez l’épouse restée au Québec depuis son départ.

Enfin, Chère Louise, je n’omettrais pas de rappeler que vous présidez le Conseil d’administration de la chaire de recherche en obésité de l’Université Laval, une cause qui vous tient particulièrement à cœur et pour laquelle vous vous investissez sans compter.

Distinguée déjà comme officier de l’Ordre national du Québec, c’est avec plaisir que pour toutes vos qualités et l’amour que vous portez à la relation franco-québécoise, au nom du ministre de la culture, je vous fais chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Hélène Le Gal, Consule générale de France à Québec

publié le 20/02/2012

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