Remise distinctions Palmes Académiques à 2 professeurs du Collège Stanislas, 19 mai 2010

Remise distinctions Palmes Académiques
A 2 professeurs du Collège Stanislas
Montréal

Jeudi 19 mai 2010

Monsieur le Proviseur, Cher Monsieur Brusa,

Monsieur le Consul général, Cher Collègue,

Messieurs les membres du Conseil d’administration du Collège Stanislas,

Mesdames et Messieurs les professeurs et membres du personnel du Collège Stanislas,

Madame Jacqueline Kernisant,

Vous êtes arrivée au Québec en 1970 comme étudiante en provenance de Léogâne, ville d’Haïti, cette ville a été détruite à 90% par le séisme de janvier 2010. Après l’école primaire vous avez fait vos études secondaires dans un pensionnat chez des religieuses dont la plupart venaient de Belgique.

Vu que vos parents étaient restés en Haïti et que vous deviez vous assumer seule, vous avez d’abord fait un cours de secrétariat, option médicale, car vous aviez toujours rêvé de travailler dans ce domaine (est ce pour cela que vous avez épousé un médecin ?). Le sort a voulu que vous débutiez votre carrière de secrétariat en comptabilité dans une manufacture. Au bout de quelques mois, vous avez quitté cet emploi, où équilibrer crédits et débits ne vous intéressait guère. Vous avez alors repris vos études et vous vous êtes inscrite à Concordia, une université anglophone, où vous avez fait une licence en traduction.

Pendant vos études, vous avez été recrutée au Collège Stanislas pour un mois comme secrétaire. Par la suite, vous avez été engagée, toujours comme secrétaire, dans un cabinet d’avocats, et en 1974 le Collège vous a rappelée pour vous proposer un poste permanent. Vous avez accepté parce que le contact avec les jeunes était pour vous très motivant. Vous en êtes maintenant à votre 36ème année scolaire à Stanislas, c’est-à-dire que vous êtes actuellement l’employée du Collège qui a le plus d’ancienneté dans l’établissement.

A l’époque où vous avez débuté, quelques 1100 élèves fréquentaient le Collège Stanislas, où il n’y avait que des garçons. Vous avez travaillé d’abord avec un secrétaire général du directeur qui était aussi registraire, c’était Monsieur Maurice Parsy, et au fil des années, avec dix proviseurs-adjoints et sept proviseurs. Vous avez vu le Collège devenir mixte, des bâtiments se construire, et le nombre d’élèves doubler pour passer de 1100 à 2200, sans compter l’ouverture d’une annexe à Québec, il y a 20 ans cette année.

Je vous cite : « Pour moi de passer tout ce temps avec les élèves, répondant à toutes leurs questions et problèmes au fil des années m’a permis de garder le sourire, et le Collège est pour moi comme une deuxième maison, où j’ai vu grandir et défiler de nombreux étudiants, dont mes trois enfants, Guy-Robert, Marc-Edouard et Karen. Souvent certains de ces étudiants m’envoient une carte postale, ou reviennent me saluer, et je suis toujours contente d’apprendre ce qu’ils sont devenus, qu’ils ont eux-mêmes des enfants, et bien sûr cela me fait plaisir qu’ils se souviennent de moi ! »

Jacqueline Kernisant, votre proviseur indique que vous vous caractérisez par votre dévouement au Collège Stanislas et votre constante bonne humeur, même dans des circonstances difficiles. Malgré un très grave problème de santé de votre mari l’an dernier, et vos inquiétudes pour votre famille en Haïti lors du tremblement de terre, vous avez continué à être présente à votre poste avec votre disponibilité et votre gentillesse habituelles. Vous êtes vraiment appréciée et aimée de tous dans la grande famille du Collège Stanislas, et vous méritez amplement la distinction qui vous est conférée aujourd’hui.

Madame Kernisant, au nom du Ministre de l’éducation nationale et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais Chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques.

Monsieur Olivier Maumon,

Olivier Maumon, après votre naissance à Paris, vos parents vous emmènent à Brazzaville, au Congo. Décolonisation oblige vous retournez rapidement en France, et plus précisément à Juan-les-Pins, sur la Côte d’Azur, où vous passez toute votre enfance et votre adolescence.

Élevé dans l’arrière boutique d’une épicerie fine par une mère diplômée d’HEC, vous gardez de ces années un goût certain pour les produits de qualité et la gastronomie en général. Voilà qui explique vos talents de cuisinier, et « la semaine du goût » que vous avez organisée à Stanislas.

Côté académique, vous faites vos études secondaires, à Antibes, au lycée Jacques Audiberti, et vous obtenez, avec mention, un baccalauréat économique et commercial. Côté sportif, vous êtes fidèle au club de football – au Québec on dirait « soccer », de l’A.S. Cannes, comme milieu de terrain. Vous y atteignez, en junior, la demi-finale de la Coupe de France.

Durant l’été 1975, vous passez votre monitorat pour encadrer des enfants lors de colonies de vacances. Au même moment, le film de François Truffaut « L’argent de poche » agit sur vous comme une sorte de révélation. C’est décidé, vous serez instituteur à une époque où les IUFM s’appelaient encore Écoles normales et où les élèves pouvaient toujours passer leur Certificat d’études. Votre diplôme en poche, vous êtes nommé à Grasse comme titulaire remplaçant. Vous parcourez, à moto, les routes des Alpes-Maritimes durant une année. Vous terminez votre apprentissage par une mission à Golfe-Juan, dans une petite école publique où la plage faisait office de cour de récréation. Mais vos obligations militaires vous rattrapent. Vous décidez alors de partir en coopération : déjà le goût des voyages ! Votre dossier accepté, vous effectuez la rentrée scolaire à Damas en Syrie, où vous restez deux années en classe de CM1 à l’école française. Syrie, Liban, Chypre, Turquie, Jordanie, Irak, Égypte, Tunisie : vous sillonnez la région à la rencontre d’autres cultures.

De retour en France, vous vous fixez à Paris où vous enseignez comme instituteur de 1981 à 1999 dans des écoles du XVIIIe et XVIIe arrondissement, en zone d’Éducation prioritaire. Durant votre carrière d’enseignant vous avez tous les niveaux de l’élémentaire, du CP au CM2. Chaque année, vous faites bénéficier vos élèves d’un projet de classe : classe culturelle à thème, classe verte, classe de neige, journal d’école. Parallèlement vous reprenez des études qui vous mènent à l’Institut d’études politiques de Paris et aux portes de l’ENA.

Ensuite, vous êtes nommé directeur d’école en 1999 et, jusqu’à votre arrivée au Québec en 2006, vous continuez à vous investir dans votre travail, avec comme unique objectif, l’éducation des enfants qui vous sont confiés ; mais vous faites plus : vous vous impliquez comme conseiller auprès du Maire de Paris pour la réforme des rythmes scolaires, dans la création de sites internet, la mise en place d’une association culturelle et sportive au sein de votre établissement, l’écriture d’ouvrages pour les élèves sur la citoyenneté, le partenariat avec une école du Bénin. Depuis maintenant 10 ans, vous organisez, chaque année, en avril et en juin, des rallyes culturels et citoyens pour tous les élèves de CM2 du XVIIe arrondissement de Paris.

En 2006, vous êtes nommé par l’AEFE directeur des classes primaires du Collège Stanislas de Montréal, très grosse école de 33 classes et 980 élèves, ce qui n’existe nulle part en France. Vous y maintenez un climat de travail apaisé et confiant avec les enseignants, et empreint de bonnes relations avec les parents d’élèves. Vous mettez en pratique le soutien nouvellement prévu par les textes dès la première année de leur parution. Cette année, vous vous consacrez au projet d’ouverture de classes maternelles supplémentaires, décidé par le conseil d’administration et mis en œuvre par le proviseur, un projet important qui, à court terme, conduira à l’ouverture de nouveaux locaux pour abriter les élèves supplémentaires, et dès la rentrée prochaine, va entraîner le transfert des classe de 9ème dans le bâtiment Lajoie, ce qui implique une importante réorganisation.

Vous avez montré à cette occasion votre sens de l’intérêt de l’établissement dans lequel vous exercez, et votre souci de contribuer à son développement, malgré l’accroissement de la lourdeur de vos tâches que cela implique. Ceci doit être souligné.

Olivier Maumon, vous vous consacrez au service de l’éducation en France et à l’étranger depuis maintenant 35 ans. Votre sens du service, votre dévouement exemplaire, vous ont valu la distinction bien méritée que je vous remets aujourd’hui.

Monsieur Maumon, au nom du Ministre de l’éducation nationale et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais Chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques.


Hélène Le Gal, Consule générale de France à Québec

publié le 01/03/2012

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