QUEBEC, le 26 mai /CNW Telbec/ - Un voyage au sein de cultures africaines de la francophonie, voilà ce que nous propose le Musée de la civilisation à Québec en présentant Le musée du quai Branly. Regards sur la diversité culturelle jusqu’au 22 février 2009. Deux expositions d’objets africains en provenance du nouveau musée du quai Branly à Paris, Ideqqi. Art de femmes berbères et Objets blessés - La réparation en Afrique, sont les points de départ de ce voyage qui se veut d’abord et avant tout une rencontre, une ouverture sur l’ailleurs, sur l’autre. Une rencontre par le biais des objets certes, mais aussi avec les individus qui les ont fait naître ou renaître. Le musée du quai Branly. Regards sur la diversité culturelle figurera à la programmation des activités publiques entourant le XIIe Sommet de la Francophonie qui se déroulera à Québec, du 17 au 19 octobre 2008. Une exposition du musée du quai Branly, adaptée par le Musée de la civilisation. Présentée en exclusivité nord-américaine par le comité France-Québec - 4 siècles de fraternité, avec le soutien de l’Assemblée nationale française, l’Organisation internationale de la Francophonie et le Club d’entreprises franco-québécois.
"Dans sa quête de l’aventure humaine, et depuis toujours, le Musée de la civilisation s’est intéressé aux cultures étrangères et a invité son public à explorer d’autres modes de vie, d’autres faits de société, d’autres façons de voir et d’être, des réalités différentes des siennes pour éclairer ses propres particularités. Au fil de ces découvertes culturelles, le Musée de la civilisation a su développer des échanges fructueux avec des partenaires d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique et partager son expertise avec eux", a souligné la directrice générale du Musée, madame Claire Simard. "Avec la France, particulièrement, nous avons développé des liens d’affaires et d’amitié avec plusieurs musées prestigieux dont le Museum national d’histoire naturelle de Paris et le Musée national des Arts et Traditions populaires. L’exposition que nous inaugurons aujourd’hui constitue une première collaboration avec l’un des musées qui remporte le plus grand succès populaire actuellement à Paris, le musée du quai Branly. Et nous n’en sommes pas à la dernière non plus, du moins je l’espère. Par ses façons de faire, sa conception de la muséologie, ce musée a bien des affinités avec le nôtre", a poursuivi madame Simard. "Ces expositions nous invitent à faire abstraction de nos conceptions nord-américaines, occidentales même, et à poser un regard sur ces autres cultures de la diversité francophone", a-t-elle conclu.
Ideqqi. Art de femmes berbères
Par le biais de 128 objets, un premier regard nous invite à entrer dans le quotidien des femmes berbères de Kabylie (nord de l’Algérie), berceau de la production la plus raffinée de ce peuple qui fût le premier à occuper le nord de l’Afrique.
Les femmes berbères fabriquent leurs poteries - ideqqi en langue berbère - comme elles cuisent leur pain. La fragilité et l’utilisation quotidienne de ces poteries expliquent que l’on ne dispose pas d’objets très anciens, antérieurs au début du XIXe siècle. C’est l’archaisme des techniques de fabrication qui en fait l’antiquité. N’utilisant ni le tour ni le four, la poterie féminine berbère est modelée à la main et cuite à l’air libre. La pureté des formes, la simplicité et la spontanéité des dessins donnent à ces objets du quotidien un charme particulier. Ils témoignent d’un accord remarquable entre la fonction, la forme et les ornements.
Ces derniers sont fortement inspirés de la symbolique traditionnelle et se retrouvent dans les tissages, les bijoux et les tatouages. Les motifs géométriques, parfois zoomorphes ou anthropomorphes, ont une signification symbolique liée à la fertilité de la terre et à la fécondité des femmes. Ils ont un rôle de protection et de porte-bonheur. Chaque objet est porteur de l’histoire de sa tribu, de ses rites et de ses superstitions encore d’actualité et, en cela, il est identitaire.
A l’exemple de leur poterie, les femmes berbères arborent ces motifs symboliques comme en témoignent les photos surdimensionnées qui jalonnent le parcours de l’exposition. Leurs regards sombres et fiers ont été captés par le photographe français Marc Garanger, au moment où il effectuait son service militaire en Algérie, au début des années 1960. Elles font écho à leur art traditionnel qui tend aujourd’hui à se perdre avec l’exode des campagnes vers les villes ainsi qu’en raison d’un développement économique moderne peu enclin au maintien d’un artisanat authentique.
Objets blessés. La réparation en Afrique
Un second regard incite à explorer une activité fondamentale en Afrique :
la réparation. Rarement présents dans les collections occidentales, les objets
réparés donnent pourtant à réfléchir sur le sens de la lutte contre
l’éphémère, le sens de la durée des objets, le sens du temps africain. C’est une rencontre avec ces réparateurs africains qui, s’affairant sur les "objets blessés", nous entraînent vers ce continent africain immense, vers ses étendues, ses horizons, sa chaleur, son soleil voilé de sable.
L’exposition présente 110 objets qui ont été recousus, colmatés,
consolidés, non pas pour leur redonner leur aspect d’origine, mais bien pour
recomposer un équilibre perturbé en leur faisant commencer une nouvelle vie
dans la continuation de leur usage respectif. La réparation doit donc être
visible, car elle fait partie intégrante de chaque objet recréé. On concrétise
ainsi toute l’importance donnée à l’objet par l’individu ou par la
collectivité.
L’exposition présente d’abord des objets rituels tels que les masques et
les statuts. Les réparations sont frustes, faites la plupart du temps de
métal. Puis, notre regard est porté vers d’autres objets témoignant de la
nature des cassures (ruptures de bracelets, trous dans les boucliers, fissures
dans les portes) et des techniques de réparation (coutures, ligatures,
tressages, agrafages, ajouts de plaques métalliques). Près d’une trentaine de
dessins originaux d’Emmanuelle Duparchy mettent en relief les détails de ces
différentes techniques de réparations, ce qui nous amène à faire une
corrélation entre ces réparateurs africains et les plus fins chirurgiens. On
termine notre voyage sur les calebasses qui donnent une juste idée du
raffinement des réparations.
La décision de réparer un objet plutôt que de le remplacer est complexe
et met en cause plusieurs personnes selon son usage. Ce sont les anciens du
village qui décident de réparer les objets rituels (masques, statues). La
plupart des réparations sont effectuées par le forgeron qui, en utilisant
métal, agrafes ou fils métalliques, confère une nouvelle force à l’objet.
Parfois le griot et le marabout interviennent dans la réparation donnant à
leur tour du pouvoir à celui qui la réalise.
Insuffler une deuxième vie à un objet cassé s’est étendu à des objets
plus modernes. Aujourd’hui, dans les villages, près des artisans
traditionnels, on retrouve un réparateur "à tout faire" excellant tant dans la
réparation de moteur que dans celle des vélos ou même de sandales de
plastique. La réparation demeure un pivot de la vie sociale et économique
africaine.
La scénographie de l’exposition Le musée du quai Branly. Regards sur la
diversité culturelle met les objets en valeur dans un mobilier aux matériaux
très simples, eux aussi recomposés, auxquels une nouvelle vie a été prêtée. La
présentation de la salle est claire, ponctuée de percées visuelles, aux
couleurs de cette chaleur voilée du continent africain.
Deux courts films marquent le début et la fin du parcours, ponctué par un
brin de musique aux accents africains et nous voilà plongés dans cette Afrique
qu’on connaît si peu et si mal.
Comité France Québec - 4 siècles de fraternité
L’exposition du musée du quai Branly, adaptée par le Musée de la
civilisation, est présentée par le comité France-Québec - 4 siècles de
fraternité, avec le soutien de l’Assemblée nationale française, l’Organisation
internationale de la Francophonie et le Club d’entreprises franco-québécois.
La participation française aux fêtes du 400e anniversaire de Québec illustre
ici le dialogue des cultures que la France souhaite encourager. Pour consulter
la liste complète des contributions proposées par la France aux célébrations
du 400e anniversaire de Québec, consultez le site www.francequebec400.fr.
De plus, afin de favoriser la coopération entre la France et le Québec à
l’occasion du 400e anniversaire de Québec, des entreprises implantées des deux
côtés de l’Atlantique se sont mobilisées pour soutenir les projets phares mis
en oeuvre par les deux gouvernements. Le Club d’entreprises franco-québécois a
pour vocation d’inscrire cette relation économique privilégiée au-delà de
2008. Il est coprésidé par Sanofi-Aventis et Bombardier. Les membres du Club
d’entreprises sont : Air France, Air Liquide, Alcan, Bombardier, Cascades, Gaz
de France, Power Corporation, Sanofi-Aventis, Veolia.
Le musée du quai Branly. Regards sur la diversité culturelle figure à la programmation des activités publiques entourant le XIIe Sommet de la Francophonie qui se déroulera à Québec, du 17 au 19 octobre 2008. Elle se poursuit au Musée de la civilisation, jusqu’au 22 février 2009.
Allocution de M. Alabrune, Consul général de France à Québec à l’occasion de l’inauguration de l’exposition (26 mai 2008)